Les Rumeurs

TPE 2001-2002
SCOTTO Aurélien
MARRAST Romain

 

 

Sondage sur les rumeurs


DOSSIER COMPLET

Base de données documentaire

 

 

 

SOMMAIRE

Introduction


I- La rumeur

A) La propagation de la rumeur


1°) Origine de la rumeur

2°) Les cibles
3°) Les diffuseurs

4°) Les prestataires

5°) Les militants

6°) Les bénéficiaires

7°) Les fusibles
8°) Les victimes
9°) Le démenti
10°) La mort de la rumeur
11°) L’éternel retour


B) Des rumeurs proches de nous

1°) L’actulaité des rumeurs
2°) Le tract de Villejuif

3°) Deux rumeurs persistantes à Angers


Conclusion partiel: interview d’une victime


II- L’utilisation des rumeurs

A) Crimes, enquêtes et rumeurs


1°) L’affaire Marie Besnard

2°) Vengeance à retardement et acteurs

3°) Je ne sais rien mais je dirais tout

4°) Les médias et la justice

5°) Crimes en série


B) Rumeurs et star-système

1°) Posséder un bout de l’idole
2°) Maintenir le mythe

3°) Quand le contrat est rompu


C) A l’usine et au bureau


1°) Les silences de Renault
2°) Une arme syndicale

3°) Les communications internes


D) La rumeur en marketing


1°) Destabiliser un concurrent
2°) Lutte souterraine

3°) La stimulation du bouche à oreille


E) Les rumeurs financières


1°) Les marchés...propices aux rumeurs

2°) Vente d’entreprises


F) La rumeur politique

1°) Les avantages et les inconvénients

2°) Usages de la rumeur

3°) Les thèmes de cette rumeur


G) Les rumeurs historiques


1°) Divers rumeurs

2°) Le départ à la guerre

3°) L’affaire Dreyfus


III- Les phénomènes voisins de la rumeur


A) Les légendes urbaines


1°) Qu’est ce qu’une légende urbaine

2°) Analyse des légendes urbaines

3°) Thématique des légendes urbaines

4°) Exemples de légendes urbaines


B) Légendes célèbres


1°) Le monstre du Loch Ness

2°) Le triangle des Bermudes

3°) Roswell

4°) Autres


C) Autres phénomènes voisins


Conclusion

 

Introduction à la rumeur

Qui n'a pas déjà entendu ou raconté au cours de repas ou différentes réunions des récits provenant d'amis, tout à fait surprenant qui retiennent l'attention du groupe. Cette expérience là est souvent le fruit de la rumeur. En effet, selon sa définition la rumeur est une nouvelle ou un récit anonyme, incontrôlable sur un événement qui se propage oralement dans un groupe et qui est susceptible de cristalliser l'opinion. La rumeur est un type de communication que nous utilisons tous, une pratique dont on est victime à l’origine, une pratique que nous apprécions.C'est un mode de communication très particulier.

La rumeur vient du latin "rumor" et signifie le bruit qui court. Elle implique la notion de nouvelles informations. C'est en remontant vers le 18ème siècle qu'apparaîssent les notions de vrai bruit et de faux bruit avec la notion un peu plus moderne de propagation et de démentit ou au contraire d'authentification de la rumeur. La rumeur est un fait tout à fait courant dans notre société. Cependant celui-ci semble être assez mal connu, tant au point de vue de ses sources, que ses diffusions. En effet, ce bruit qui court est difficile à appréhender et à saisir, de plus tout le monde est en proie à la rumeur.

L'information elle même dans une rumeur est très important. Comment s'élabore t'elle, quels sont les modes de transmission? Comment marche sa propagation? En effet, nous savons que la rumeur est boulimique c'est à dire qu'elle a tendance à se nourrir et à s'enrichire de tout ce qui se passe à côté. Elle se répand également de façon boulimique. Il faut savoir que les rumeurs s’utilisent dans de nombreux domaines: quels sont-ils? Si les rumeurs marchent bien, c'est qu'elles sont basé sur ce qui intéresse le plus. La notion d'expansion du mot rumeur : tout un certain nombre de terme, d'expansion par les mots proches : potins, les " on dit ", les ragots, les commérages, les cancans, les papotages, Comment passe t'on des phénomènes de " on dit " au phénomène de rumeur ?

Nous analyserons tout d’abord le phénomène de la rumeur en montrant comment elle se propage puis en donnant des exemples de l’actualité récente ainsi que des exemples angevins. Nous continuerons en vous expliquant les différentes utilisations de la rumeur et nous terminerons par la présentation des phénomènes voisins à la rumeur.

 

I - La rumeur :

A) La propagation de la rumeur :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1) Origine :

Le discours des experts

Spécialiste, l’expert est une source classique des rumeurs. Habilité à porter des jugements et des pronostics, il dispose d’une grande crédibilité.

Aux Etats Unis, certaines des entreprises parmi les plus connues doivent faire face à des rumeurs très actives les accusant soit d’avoir une large partie de leur capital dans les mains de la secte Moon, soit d’être possédé par le démon. On trouve par exemple Procter and gamble dans ce cas, le numéro un mondial des produits d’entretien (Pamper’s, Ariel, Bonux). L’origine de cette rumeur a pu être trouvé : ce sont les pasteurs des communautés religieuses fondamentalistes de sud des Etats Unis qui mettent en garde les fidèles contre ces sociétés. Ces rumeurs reposent sur le déchiffrage des signes qui ne trompent pas les experts et qui constituent un quasi aveu. Ainsi le logo de la société représente le visage d’un vieillard sous forme de croissant de lune regardant 13 étoiles (= les 13 colonies américaines). La rumeur raconta d’abord que le croissant de lune serait une allusion à la secte Moon puis plus tard, qu’elle serait possédé par Satan car le logo contiendrait le chiffre 666, chiffre de Satan. Il se retrouverait dans les plis de la barbe et dans les étoiles.

Quelques faits troublant

Beaucoup de rumeurs ont pour source un fait troublant. La rumeur est la mobilisation de l’attention d’un groupe. Lors des échanges successifs, le groupe tente de reconstruire le puzzle constitué par les pièces diverses qui lui sont relatées. Plus il manque de pièces, plus l’inconscient du groupe va peser sur l’interprétation. Le vague souvenir de faits divers réels fournit souvent un scénario pour expliquer des faits troublants. Ainsi une rumeur court qu’un pauvre enfant a été dévoré par un chien. Il paraît qu’il ne reste plus qu’une jambe. A l’origine, la mort réelle d’un nourrisson à la suite d’un arrêt respiratoire. La famille a bien un berger allemand mais il n’a pas mangé l’enfant. Cette rumeur n’est pas étonnante, la presse fait écho d’un retour d’agressivité chez les bergers allemands surtout sur les jeunes enfants.

Un fantasme

Il y a 20 ans une militante anti-traite des blanches avait organisé un tour de France des mairies : sur son passage, elle avertissait parents et jeunes filles de ce fléau. Un peu après sa venu à Laval, une rumeur de traite des blanches secoua la ville. Quelques années plus tard, le magazine populaire Noir et Blanc, disparu depuis, présentait comme fait réel un scénario de traite des blanches issu d’un roman. Une semaine après l’apparition de l’article naquit la rumeur d’Orléans connu de tous sur ce même thème. On la retrouva à la Roche-sur-Yon quelques temps plus tard.

Les lieux d’incubations de ces rumeurs sont des collèges ou lycées de jeunes filles. La population adolescente, isolée des réalités sociales, vivant en milieux clos est propice à la production de fantasmes sexuels. En l’occurrence, il suffisait d’écouter la tournée de la militante ou de lire l’article publié pour imaginer un fantasme sexuel et l’authentifier comme plus que plausible.

Dans un lycée, un professeur s’est vu accuser d’avoir eu des relations sexuelles avec une pensionnaire. En réalité, tout était parti d’une adolescente qui avait raconté un de ses rêves à trois de ses copines.

Le malentendu

Les rumeurs naissent souvent d’une défaillance dans l’interprétation d’un message. En avril 1990, par exemple, les travailleurs immigrés Turcs qui lirent l’article de Turceman n’en crurent pas leurs yeux. A Mulhouse, on régulariserait la situation de tous ceux qui n’avaient pas de papiers. En quelques jours, 3500 turcs se rendirent à Mulhouse. En fait, Turceman avait publié un reportage sur un immigrant clandestin qui avait obtenu un papier d’un mois pour une opération chirurgicale grave. Mais pour les lecteurs turcs, seul a été retenu le fait qu’un clandestin avait eu des papiers. Il n’en a pas fallu plus pour déclencher une ruée sur Mulhouse.

2) Les cibles :

Les cibles principales sont les entreprises alors que les victimes sont les patrons de ces entreprises. Pour contrer, elles anticipent. Certaines, généralement les plus exposées aux rumeurs, ont déjà mis en place des cellules de veille, en affectant notamment certains de leurs employés à la surveillance des forums de discussions les concernant. C’est le cas de Microsoft aux Etats-Unis, mais aussi de municipalités et d’organismes publics sensibles.

Marlboro soutient le Ku-klux-klan : pour preuve les trois K rouges sur ses paquets. Procter et Gamble, une entrprise américaine soutient la secte Moon vu son logo : une lune sur fond de ciel étoilé. L’airbus ne présente pas toutes les garanties de sécurité ou encore les Hamburgers de Mac Donald’s sont à base de vers de terres. Voilà des rumeurs non anticipées par leurs cibles, à juste titre apparemment puisque sans effets. Toutefois, une cellule de surveillance a été crée dans ces entreprises pour prévenir les dérivés de ces rumeurs.

Il faut savoir utiliser les rumeurs en utilisant les prémices à son propre bénéfice. Une technique fréquemment utilisée à la bourse par exemple : lorsqu’une entreprise, soumise à un faisceau de présomption négatives qui nuisent à son action les retourne à son avantage par un communiqué officiel

3) Les diffuseurs :

Choisir le bon relais pour initier la rumeur est des secrets de sa réussite. Une chose à savoir: la crédibilité du support est au moins aussi important que celle de l’info que l’on diffuse.

les medias et la rumeur

Aujourd’hui il est possible de dissocier la vitesse de propagation de la rumeur de l’attitude que prennent les médias à son égard. Tout sera différent selon qu’ils maintiendront le silence sur celle-ci ou au contraire lui ouvriront leurs colonnes et leur temps d’antenne. Les médias multiplient considérablement le public de la rumeur : ceux-ci ne sont plus strictement locaux mais nationaux. La rumeur, limité au départ à quelques quartiers ou quelques groupes, peut exploser grâce aux médias.

Les médias servent de puissants relais à la rumeur. Lors de la dernière enquête sur le tract de Villejuif, on demanda où et comment les interviewés avaient obtenu le tract. Les journaux et magazines furent cités en premier, loin devant la distribution dans la boîte à lettre, l’école et le lieu de travail. En fait, un grand nombre de journaux avaient reproduit le tract dans des articles alarmistes sans vérifier l’exactitude du document.

le bouche à oreille

C’est un procédé vieux comme le monde. On raconte à son voisin ce qu’on a appris de son concierge ou de son ami, sans que jamais l’information soit vérifié. Mais attention, la rumeur ne se diffuse que si elle satisfait un désir, si elle répond à une préoccupation latente. Une rumeur ne convainc pas, ne persuade pas : elle séduit. Elle est l’information qu’on souhaite croire.

la rumeur sur internet

Bruits de couloir, ragots, diffamations. Internet n’a pas inventé la rumeur, mais le réseau des réseaux se prête admirablement au jeu de la désinformation. A l’échelle planétaire bien sûr.Aujourd’hui, la rumeur court sur le Net et surtout, c'est là sa force, se propage "comme une traînée de poudre" grâce au mail.
Il arrive assez souvent qu'une fausse nouvelle fasse plusieurs fois le tour de la terre en une seule journée, défrayant

Vous avez dit Hoax ?
Les rumeurs issues du Web (hoax en anglais) prennent plusieurs formes plus ou moins anodines : de la désinformation à l'état pur aux arnaques financières, en passant par les faux avis de recherche, les fausses pétitions, les mauvaises blagues, les légendes urbaines.
On a parlé très récemment de "l'affaire Miss France", accusée par plusieurs sites d’être un homme travesti. Il y a quelques mois, un faux communiqué de presse a déréglé le cours d'une valeur boursière et a permi à son auteur de s'enrichir.Il ne se passe pas une semaine sans que des infos bidons viennent s'entasser dans nos boîtes aux lettres.

La méthode est simple

Les hoax sont en fait basés sur des sujets consensuels, promotionnels ou alléchants. Mais leur vraie force tient dans leur capacité à se diffuser, soit via le mail, soit via les forums de discussion. Ainsi tout bon hoax vous invite à le faire suivre au plus grand nombre d’amis possible.

Les types de hoax sont les alertes aux faux virus, la désinformation et les chain letters ( chaines électroniques )
Les sujets les plus fréquents sont les fausses pétitions, les soutiens aux bonnes causes ou les promos à gogos. Les mises en garde bidons contre tel ou tel danger de la vie quotidienne sont aussi légion, comme l’affaire sordide des seringues contaminées au VIH sur les sièges de certains cinémas.
Le réseau exige donc plus que jamais une bonne distance critique face à l’information délivrée.

Pourquoi tant de rumeurs ? Les rumeurs sont souvent nominatives et bien ciblées. Elles peuvent par exemple servir à nuire à des concurrents industriels ou tout simplement à un rival individuel.
Mais les rumeurs servent surtout à collecter des adresses e-mail, pour ensuite constituer des bases de données et arroser de pubs les victimes. Les fausses pétitions, pour des causes très nobles, permettent ainsi de constituer des fichiers nominatifs très pointus.

Une récente fausse pétition de soutien au femmes Afghanes illustre très bien ces messages qui jouent sur nos cordes sensibles en nous donnant l'impression de pouvoir faire quelque chose depuis notre ordinateur. En près de trois ans, ce message a fait le tour de la terre, en anglais puis en français, avec pour objectif d'inonder d'e-mails deux responsables des Nations unies. Sauf que les adresses en questions étaient fausses. Des millions de messages ont donc été envoyé pour rien.


Exemple : la rumeur sur internet et le milieu financier. Les " rumoristes ", ou créateurs de rumeurs, n'agissent pas par hasard. Il y a ceux qui en tirent un profit immédiat en espèces sonnantes et trébuchantes. Des individus isolés, comme Jonathan, 15 ans, qui a défrayé la chronique en septembre 2000, lorsque la SEC (l'équivalent de la Commission des opérations de Bourse aux Etats-Unis) l'a épinglé. Elle l'accusait d'avoir empoché 270 000 dollars de plus-values en lançant des rumeurs sur des forums boursiers du genre " cette société est notoirement sous-évaluée ", après en avoir racheté des parts. Il fait partie de ces petits futés qui profitent de la formidable caisse de résonance planétaire que constitue Internet pour propager une nouvelle.

4) Les prestataires :

Assureurs, avocats, conseils... Ils offrent leurs services aux victimes, potentielles et réelles actuelles et futures. Pour eux, la rumeur est aussi un grand marché.

Préventive ou curative, l'offre de services en matière de rumeur est abondante.

Veille

On ne compte plus les cabinets et autres agences qui proposent des services de surveillance et d'alerte pour démasquer la rumeur. C'est une des armes essentielles de l'intelligence économique.

Certains, comme la société Coélis, ont même développé des agents intelligents pour appuyer leur prestation : ils établissent une cartographie des acteurs d'influence intervenant dans le giron d'une société. Ceux qu'il convient de craindre ou de favoriser...


Avocats

Diffamation, espionnage, désinformation ne constituent que le début de la liste des motifs d'intervention de cette profession dans le domaine de la rumeur. Certains s'en sont fait une spécialité. Même en l'absence d'un véritable droit de la rumeur.


Assureurs

Les polices commencent à s'intéresser au phénomène de la rumeur. Certaines, destinées principalement aux entreprises, garantissent par exemple contre les préjudices liés aux retraits de produits imposés par une rumeur, ou à la perte de notoriété.

5) Les militants :

Ils ne sont pas touchés par la rumeur, mais s'acharnent à militer contre elle.
A leur disposition, deux moyens.

La dénoncer
C'est la mission que s'assigne le site hoaxbuster.com, leader français en la matière sur le Net, qui espère ainsi "rétablir la vérité et lutter contre les mensonges électroniques".
D'autres initiatives vont dans le même sens avec le site Infoguerre par exemple. Sorte de tribune ouverte pour dénoncer les tentatives de manipulation de l'information sous toutes ses formes.

La contrer

On passe là du côté du lobbying et de la communication.

Rumeur contre rumeur.

Avec ses spécialistes : l'association ATTAC - antimondialiste et procitoyens - est passée maître dans l'art de la contre rumeur.
Son mot d'ordre : "développer nos pressions, passer à la riposte, informer" . Tout un programme.
Idem pour les ONG, de manière générale soumises à la rumeur et férues de contre communication.

6) Les bénéficiaires :

Les bénéficiaires sont les anonymes de la rumeur. Ce sont eux dont on parle le moins. Pourtant, ils existent. Il y a trois types de bénéficiaires :

Il y a tout d’abord ceux qui profitent de la rumeur qu’ils lancent dans le domaine économique où les actions menées par certaines entreprises en matière de manipulation de l’information peuvent être riches de bénéfices si elles portent leurs fruits.

Il y a ensuite les stratèges qui raisonnent à long terme. Dans ce domaine, la secte est un excellent exemple de la réussite d’une rumeur. Elle est en effet la réalisation concrète d’une foi, généralement basée sur la révélation d’un gourou qui se fait connaître par rumeur et rémunérer en conséquence. Un exemple célèbre illustre cela. Le 7 octobre 1975, des extra-terrestres emportent le reporter sportif Claude Vorilhon sur leur planète et lui font de grandes révélations. C’est le départ de la saga évangélique du néo-dénommé Raël et ses disciples. Résultat 26 ans plus tard : 20.000 membres dans 20 pays qui versent tous 3% de leurs revenus au mouvement, et 1% directement à Räël. Bien joué !

Pour finir, il y a les opportunistes. Dans le domaine boursier surtout où, chaque jour, ceux qui repèrent la bonne rumeur avant les autres pour se retrouver au sommet da la pyramide des gains ne sont pas forcément à plaindre.

7) Les fusibles :

Même les rumeurs les plus répandues ne touchent, finalement, qu'une petite minorité de la population qu'elles seraient susceptibles d'atteindre.
D'ailleurs, faites le compte : parmi toutes les rumeurs qui seront évoquées dans ce dossier, combien en connaissiez-vous réellement ?

Pourquoi ?
Simplement parce que tout le monde n'est pas pareillement concerné par une rumeur.
Selon qu'on se sentira plus consommateur que boursicoteur, écologiste que lycéen, ou bohême que manager, on sera amené à diffuser telle rumeur davantage à telle autre... laquelle passera directement aux oubliettes.
Sans autre forme de procès.

8) Les victimes :

Les principales victimes des rumeurs sont les chefs d’entreprises qui ont le droit à une rumeur sur leur société ainsi que les stars (Voir la seconde partie du dossier). Par exemple, un soir Alain Delon apprend par téléphone, la nouvelle de sa propre mort. Une rumeur qu’il traitera avec mépris. Autre mort-vivant célèbre : Paul Mac Cartney, prétendu représenté par un sosie depuis 20 ans.

Les victimes de rumeurs sont toutes confrontés au même problème : Comment arrêter la rumeur ?

Le premier réflexe est d’expliquer, de justifier, de prouver ou de lancer une contre rumeur mais c’est généralement à perte. L’autre solution, c’est de marquer l’histoire par une action d’éclat, une sorte de miracle qui tue la rumeur. Par exemple en 1990, des traces de benzène sont retrouvées dans 12 bouteilles de Perrier aux Etats-Unis ; sans aucun danger par le consommateur. Pourtant la rumeur d’un risque sanitaire majeur se répand outre-Atlantique. Alors les dirigeants de Perrier décidèrent de retirer sur les champs près de 280 millions de bouteilles dans le monde. Un acte fort et symbolique qui stoppa immédiatement la rumeur et valorisa fortement l’image de la société.

Une fois la rumeur stoppée, reste la persistance des effets. Les dirigeants de société victime d’une rumeur peuvent mettre plusieurs années pour renverser la tendance. Idem pour les individus, célèbres ou pas qui portent parfois leur vie durant le poids d’une rumeur dont ils ont été l’objet. De l’avis général des victimes, il faut punir les initiateurs de la rumeur. Eric Legale, patron du cinéma d’Issy-les-Moulineaux, victime de la rumeur selon laquelle il y aurait des aiguilles infectées du Sida dans les sièges de ce cinéma a déclaré : " Il faut taper sur les petits rigolos qui font ça. Pour le principe, il faut être ferme. Nous, nous avons porté plainte et si on retrouve le coupable de la rumeur qui nous a visé, nous le poursuivrons "

9) Le démenti :

Une information de moindre valeur

Le démenti n’est pas une nouvelle forte. Une personne attaquée va répondre " je suis innocente ", ceci était un événement attendu. Ce qui est une vraie nouvelle, c’est quand l’accusé dit " oui, c’est moi ". Le démenti est souvent un truisme. Dans le cas de la rumeur non fondé, accusant d’intoxication alimentaire une marque de thon du groupe Saupiquet, les démentis publiés par la presse furent plus discrets que les articles de l’alerte au thon. C’est normal. Dire : "le thon n’est pas dangereux " est une banalité alors que dire " attention, le thon en boîte serait dangereux " est un scoop !

Une information qui s’use

Une des forces de la rumeur est sa répétition. Les versions évoluent, s’enrichissent, s’affinent, se précisent. Pour être actif, le démenti devrait aussi être répétée mais il ne peut espérer passer plus d’une fois dans un média. Lorsque la victime d’une rumeur resollicite un passage du démenti, il comprend que ce dernier est devenu obselète.

Pour accéder à l’attention du public de façon certaine, il est toujours possible d’acheter des espaces publicitaires. Par exemple, pour couper court à la rumeur de l’enfant mordu par un serpent minute réfugié dans un régime de banane, le directeur du supermarché visé acheta une demi page dans le quotidien local pour démentir.

La réception d’une rumeur

Le démenti n'annule en général pas complètement l'effet négatif de la rumeur, bien pire : il peut arriver que le démenti joue le rôle de propagateur de la rumeur qu'il veut combattre. Pourquoi le démenti propage t-il la rumeur ? Tout d'abord dans le cas d'une information écrite, l'idée de démenti ne peut guère être introduite autrement qu'à partir du rappel d'une situation préalable de diffusion d'une rumeur, si bien que les personnes qui n'avaient jamais entendu parler de cette dernière en ont maintenant connaissance. Autre exemple sur les démentis de la rumeur des décalcomanies au LSD, le chiffre de 57% de croyance en la rumeur par les médias semble paradoxal, car dans la plupart des cas les articles de presse ont été publié pour diffuser le démenti. Mais ceux-ci parlent de démenti avec en tête des titres qui rendent saillantes la rumeur, comme par exemple des titres comme " timbres au LSD rumeur ou réalité ,".

L’effet boomerang du démenti

Dans le cas d'une information télévisuelle, des mécanismes d'insuffisance de mémorisation immédiate peuvent contribuer à empirer cette influence qui est celle du démenti. En effet, pour un téléspectateur peu attentif ou distrait, les mécanismes mémoriels ont tendance à mieux enregistrer les éléments concrets d'une information que les éléments abstraits. Dire par exemple que "les centrales nucléaires ne sont pas dangereuses pour l'homme", fait intervenir deux notions concrètes qui sont respectivement l'idée de danger, et l'image des centrales. Ces deux notions concrètes seront de toute manière mémorisés sous forme d'une association d'image. Par contre la négation, qui est un élément abstrait pourra facilement disparaître du champs mémoriel. Dans ce cas, le démenti aura finalement laissé exactement la même trace mémorielle que la rumeur elle même. Dans l'affaire de tchernobyl, même s'il y avait énumération de rumeurs et démentis de celles-ci, la résultante était une association d'idées "nucléaire+danger".

10) La mort de la rumeur :

Toute rumeur est vouée à s’éteindre. Le vocabulaire communémént employé pour parler de la fin des rumeurs est très révélateur : on parle de La "mort" de la rumeur, de la "tuer", de "l’éteindre", de la "faire taire".

un interet fugace

La plupart des rumeurs ont avant tout une fonction d’amusement , d’entretien de la conversation. Lorsque le sujet de la rumeur ne touche plus de près ou n’a plus d’implication sur notre vie, ce sujet ne résiste pas plus au temps que faits divers de la presse. En cela, la rumeur jouit du même cycle d’intérêt que n’importe quelle nouvelle du quotidien local. Un jour ou l’autre, le public se lasse et la rumeur laisse place au silence.

l’exageration autodissipante

L’exagération est fréquente dans les rumeurs. Lorsqu’elle défend une thèse, une rumeur réorganise le monde : le moindre fait est un indice, le moindre indice est une preuve. A force de vouloir absorber tous les faits ainsi que les démentis, la construction de la rumeur devient exagérée et aussi fragile qu’un château de cartes. Par exemple, à Orléans, la rumeur essaya d’absorber la contre rumeur qui disait que la presse, les autorités, la police, l’évêque, les partis politiques seraient achetés et donc expliqueraient le fait qu’ils n’interviennent pas pour la démentir. Cette thèse du complot généralisé devenait incrédible.

11) l’éternel retour :

Une fois qu’une rumeur est éteinte, il arrive qu’on la retrouve quelques temps plus tard, soit au même endroit, soit dans un endroit différent. Ainsi, on se rend compte que la rumeur d’Orléans se propagea assez rapidement dans de nombreuses villes. Le scénario est le même, la rumeur fait sa réapparition. Ce phénomène de retour est assez particulier. Cela n’existe pas que pour les rumeurs. Il en est de même pour les légendes urbaines.

B) Des rumeurs proche de nous :

1) L’actualité des rumeurs :

Nous vous présentons ici les grandes rumeurs qui ont marqué cette année 2001 et aussi les nombreuses rumeurs qui ont entouré l’événement majeur de cette année 2001 : les attentats du 11 septembre.

27 février 2001 - 2 mars 2001 Issy-Les-Moulineaux :

La ville d'Issy-les-Moulineaux a été touché à ses dépens par une rumeur qui a eu un très fort retentissement en particularité chez les jeunes. La municipalité des Hauts-de-Seine a en effet diffusé un démenti à propos d'une rumeur circulant par Internet rapportant que des personnes auraient été infectées par le VIH dans des cinémas de la région parisienne par le biais d'aiguilles plantées par malveillance dans les sièges. La fausse information a été diffusée massivement par e-mail à travers toute la France.

Selon le mail, une victime aurait trouvé sur le siège, après avoir été piquée, une note l'informant : "vous venez d'être infecté par le VIH". Le mail précise que "la police municipale d'Issy-les-Moulineaux" a été chargée de diffuser la nouvelle "à tous les départements d'Ile-de-France". Une information qui aurait pu être crédible, mais il se trouve que Issy-Les-Moulineaux ne dispose pas de police municipale... A noter que cette rumeur sous forme de fausse information ou plutôt de légende urbaine a pris au départ la forme d’un hoax ( fausse information diffusée sur Internet ) puis s’est répandu dans toute la France par le biais des deux autres diffuseurs de la rumeur que sont la presse et le bouche à oreille.

Mars Avril Mai 2001 Inondations de la Somme :

L’ampleur des inondations et la détresse qu’elles ont provoquée ont fait naître une rumeur ( " La rumeur d’Abbeville " ) selon laquelle la vallée de la Somme aurait été inondée volontairement afin de préserver Paris et son bassin d'autant plus que le comité olympique visitait Paris, pour la candidature aux jeux olympique de 2008. L’inexorable montée des eaux à partir de la fin du mois de mars, puis la lenteur de la décrue ont suscité l’incompréhension, la peur et la colère des habitants de la vallée. A la suite d’une réunion d’information infructueuse organisée à la préfecture, le 30 mars 2001, avec les services techniques de l’État, une rumeur s’est propagée, selon laquelle la vallée de la Somme serait volontairement inondée pour protéger Paris et son bassin, eux aussi soumis à la montée des eaux. Relayée de plus en plus par les média, la rumeur prend de l’ampleur après la visite dans la Somme du Premier ministre, M. Lionel Jospin, le 9 avril. En dépit de démentis unanimes et de multiples tentatives d’explication, la rumeur a persisté longtemps dans le département, se fondant sur les rares possibilités d’échanges entre les canaux du Nord, de Saint-Quentin et de la Somme, mais également sur " des maladresses " commises par les services de Voies navigables de France.

 

 

24 avril 2001 Miss France est un homme :

Mardi 24 avril 2001, l'incroyable news tombe : Miss France pourrait être ou avoir été un homme ! Miss France serait une transsexuelle. Elodie Gossuin, 20 ans, serait en réalité danseur dans un cabaret parisien de travestis Cette info, émise par un tabloïd new-yorkais, le Daily News a fait l'effet d'une bombe en France et les médias s'en ont fait un écho résolument tonitruant.
Comme l’a expliqué le quotidien new-yorkais, la rumeur aurait gonflé sur Internet avant de parvenir aux oreilles du comité d'organisation de Miss Univers qui s’apprêtait à faire passer des tests de féminité à notre Miss France.

Annoncée sur le site Internet http://www.examineur.com la nouvelle est reprise par un journal de Porto Rico, quelques jours avant l'élection - sur place - de Miss Univers 2001. Relayée par la presse américaine, la rumeur traverse de nouveau l'Atlantique pour se répandre en France. Complètement bidon évidemment : Elodie Gossuin ne s'appelle pas Nicolas Levanneur !Cette image idéale d'une reine de beauté était, pour certains, trop belle pour être vraie.

Certes, la vérité a été rétablie par les organisateurs du concours eux-mêmes, mais le mal était fait. Les chances d'Elodie étaient compromises, ce qui arrangeait bien les Américain. Le 27 avril, trois jours après la naissance officielle de cette rumeur, le Comité Miss Univers a eu beau démentir: "Elodie Gossuin a un certificat de naissance qui dit que c'est une femme, et c'est l'une des femmes les plus belles qu'on ait jamais vues. Elle est très féminine", ça n'a pas suffi: le Comité Miss France, sa présidente, Geneviève de Fontenay, et son fils, Xavier, ont continués de crouler sous des demandes d'interviews du monde entier.

Le responsable du site qui lança cette fausse information, Frédéric Royer, était loin de se douter que, trois mois plus tard, cela deviendrait le cauchemar d'Elodie: "C'est hallucinant d'avoir pris ça au sérieux. Nous sommes dépassés par les événements car nous faisons clairement un site satirique à prendre au douzième degré! Nous ne sommes pas responsables de la débilité des Américains!"

11 septembre 2001 Attentats terroristes du World Trade Center :

Depuis le 11 septembre les rumeurs se propagent sur Internet à vitesse grand V. "C'est une réaction normale. Ce qui s'est passé est horrifiant et l'une des façons de réagir face à quelque chose que l'on ne peut comprendre est de remplir les blancs avec des informations. L'angoisse alimente notre besoin de savoir si ce que nous ressentons est aussi ressenti par d'autres. Ces histoires, ces rumeurs expriment nos peurs. C'est notre façon d'affronter les horreurs du jour".

Q33NYC

Le vol Q33NYC du 11 septembre sur New York contenait dans son nom un message codé en caractères " Wingdings ". Coïncidence malheureuse ou énorme manipulation ?

Après les attentats du 11 septembre contre le World Trade Center, des milliers d'internautes ont découvert avec surprise et horreur les messages reproduits ci-dessous. Le numéro de vol de l'un des avions, "Q33NYC ", fait apparaître les symboles suivants une fois transformé en police Wingdings :

Q33NYC : Q33NYC

Le message est clair : un avion s'élance sur 2 immeubles alors que la mort est promise aux juifs. Et pour rajouter une note de cynisme: un signe de réjouissance. Explicite... mais peut-être un peu trop simpliste. Ainsi, ce 11 septembre, les quatre avions de American Airlines et de United Airlines détournés portaient les numéros AA 77 (Pentagone), AA 11 (Tour Nord du WTC), UA 175 (Tour Sud), UA 93 (Pennsylvanie).

La rumeurse propage ensuite grâce à l’intervention du journal " Libération "

La rumeur est crédible étant donné que les trois dernières lettres ont une cohérence : NYC comme New York City pourtant le code Q33NYC n'est qu'une pure invention permettant à des esprits visiblement sadiques d'utiliser les caractères graphiques de Wingdings pour lancer la polémique.

Texte de la rumeur :

Travaux Pratiques

1) Ouvrir Microsoft Word

2) Saisir sur une page blanche, le n° du vol du 1er avion qui s'est encastré dans la 1ère tour du World Trade Center, c'est à dire Q33NYC (Véridique ;) Ensuite le sélectionner, en augmenter la taille du corps à 36 ou plus et là, le mettre en police : Wingdings

Incroyable mais vrai!!!!!

Métro

Depuis le 11 septembre, le courrier électronique chauffe pour annoncer les pires catastrophes à venir. Aux USA, il va falloir éviter les grands magasins, à Paris on vous déconseille de prendre le métro, à Montréal ce sont les transports en commun qui sont visés, à Londres, le tube est "under menace".
En examinant les différentes alertes d'un peu plus près, on s'aperçoit vite que quelque soit le pays concerné, l'histoire reste fondamentalement la même :
Une jeune femme ou une jeune fille rend un petit service à un homme (qui s'avère être un musulman). Touché par ce geste gratuit, l'homme en question conseille à la personne d'éviter tel ou tel endroit à telle ou telle date.
Interloquée, la femme contacte les services publics (le FBI, la Police Nationale, la Police Montée, Scotland Yard, etc.), qui s'empressent de relier cette info à de possibles attentats, s'ensuit une séance photos de terroristes présumés sur laquelle elle identifie formellement son interlocuteur. Dans la version sentimentale de ces rumeurs, l'homme disparaît juste avant le 11 septembre.
Mention spéciale aux USA où les histoires, beaucoup plus détaillées, varient d'une fois sur l'autre mais génèrent les même effets. Il est extrêmement troublant de constater que décidément, les terroristes kamikazes ont le cœur sur la main ces temps-ci dans l'ensemble des pays occidentaux... En effet, afin d'éviter à la population de se trouver dans un attentat terroriste, ils optent pour l'avertissement préalable. Et oui, nos terroristes seraient en fait de grands sensibles.

Photo

La photo d'un touriste sur une des tours du World Trade Center quelques instants avant le crash circule actuellement sur le net, info ou int'hoax ?

Le photographe n'a pu prendre ce cliché qu’en étant orienté vers le nord (de par la vue panoramique de Manhattan derrière le jeune homme), ce qui implique que l'avion provenait de cette direction au moment de l'impact. Or, seul le premier des deux avions qui se sont crashés venait du nord... la tour qu'il a heurté n'avait pas de balcon panoramique.

Voilà un hoax de plus qui circule actuellement concernant les attentats, il faut dire qu'ils font couler beaucoup d'octets souvent de mauvais goût.

Depuis la diffusion de ce hoax, notre touriste s'est trouvé un nom: Waldo et est devenu en quelques jours THE webstar ! : www.touristguy.com

Autres

Folles rumeurs circulant sur Internet après les attentats

Les forums de discussion sur Internet ont d'abord fait état d'une prédiction de Nostradamus selon laquelle la chute de "deux frères" annonçait le début de la Troisième guerre mondiale, avant que ne commence à circuler une photo du World Trade Center en flammes "révélant" le visage de Satan dans une colonne de fumée.

Est-ce vrai que 4.000 Juifs travaillant dans les tours jumelles ont été avertis de l'attentat meurtrier et sont restés à la maison le matin du 11 septembre? Et qu'un pilote de la United Airlines a demandé à ses passagers dans les jours suivant la catastrophe de se battre contre les pirates de l'air qui pourraient monter à bord de l'appareil? Et qu'une bible ait été retrouvée intacte au milieu des décombres du Pentagone

Les rumeurs, les légendes urbaines et les thèses de complots ont inondé Internet depuis les attentats dévastateurs du 11 septembre à New York et Washington qui ont marqué du sceau de l'horreur l'imaginaire des Américains.

2) Le tract de Villejuif :

Le texte de la rumeur :


Dans la série : "on ne sait pas ce qu'on bouffe", vous ne pourrez plus dire que vous n'étiez pas prévenus. Jetez-y au moins un coup d'œil, ou, au mieux, imprimez-le et affichez-le sur la porte de votre réfrigérateur et ... ne le dites surtout jamais a vos pires ennemis. Ce document émane du service de chirurgie générale du Pr. Chabal et est distribué par l'HOPITAL de Villejuif, Centre national de la Recherche en Cancérologie. (Vous pourrez vérifier) Tous les additifs ci-après sont actuellement autorisés en France, mais doivent être mentionnés sur l'emballage. Freinez ou supprimez l'utilisation de ces additifs en sélectionnant les produits à l'achat : c'est le consommateur qui conditionne les options des fabricants.

 

TOXIQUES CANCERIGENES : E 102 - 110 - 120 - 123 - 124 - 127 - 211 - 220 - 225 - 230 - 250 - 251 - 252 - 311 - 330 - 407 - 450.

LE PLUS DANGEREUX : E 330, que l'on trouve dans le Schweppes citron, certains apéritifs, Banga, Canada Dry, certaines Limonades, Moutarde, Amora, Crème de fromage "La Vache Qui Rit" ...

SUSPECTS, Etudes en cours :E 123 - 131 - 141 - 124 - 150 - 153 - 171 - 172 - 210 - 212 - 213 - 215 - 216 - 217 - 231 - 232 - 241 - 338 - 340 - 341 - 460 - 462 - 463 - 465 - 466 - 477.


INOFFENSIFS :
E 100 - 101 - 103 - 104 - 109 - 111 - 121 - 122 - 132 - 140 - 151 - 160 - 161 - 162 - 170 - 174 - 175 - 180 - 200 - 201 - 202 - 203 - 236 - 237 - 239 - 260 - 261 - 262 - 263 - 270 - 280 - 281 - 282 - 290 - 293 - 300 - 301 - 302 - 304 - 305 - 306 - 307 - 308 - 309 - 322 - 325 - 326 - 327 - 331 - 332 - 333 - 334 - 335 - 336 - 337 - 401 - 403 - 404 - 405 - 406 - 408 - 410 - 411 - 413 - 414 - 420 - 421 - 422 - 440 - 470 - 471 - 472 - 473 - 474 - 475 - 480.


SYMPTOMES(pour diagnostics) :
Intestins (perturbations) : E 221 - 222 - 223 - 224 -226.
Derme (peau) : E 220 - 231 - 232 - 233.
Digestion (perturbation) : E 330- 339 - 340 - 341 - 400 - 461 - 463 - 466 - 467.
Calculs Rénaux : E 447.
Produits Toxiques Dangereux : E 102 - 110 - 120 - 124 - 127.
Destruction Vitamines B12 : E 220
Accidents Vasculaires : E 230 - 251 - 252 (Dans les charcuteries).
Cholestérol : E 320 - 321.
Sensibilité Cutanée E 311 - 312
Aphtes : E 330.
Digestion : E 407 (Dans les crèmes glacees).
Cancer : E 131 - 142 - 210 - 212 - 213 - 214 (mais là, c'est que c'est déjà trop tard).

A EVITER : Bonbons la pie qui chante, Pastis Duval, Picon, Martini, Coca-cola...
A FUIR (contiennent du E 330) : Banga, Canada Dry, Schweppes, certaines limonades, moutarde Amora, Fromage "la vache qui rit", ...
Là, ca ne fait vraiment plus rire personne.

Pourquoi "croit-on" à la rumeur ?

Pour que la rumeur existe et se répande, il faut que le contexte s'y prête. En d'autres termes, il faut que l'opinion soit en quelque sorte en attente d'information. Ce n'est pas pour rien que les rumeurs les plus folles courent en période de crise grave.

Ainsi, le renouveau de cette rumeur sur les additifs est rendu possible par le climat d'insécurité alimentaire que nous connaissons en 2000-2001. Alertée sur le sujet et inquiète, l'opinion accepte d'autant plus et de façon un peu masochiste tout élément susceptible de conforter le sentiment général (c'est le : "on vous l'avait bien dit " !).

Dans notre texte, il y a ce rappel au contexte : "on ne sait pas ce qu'on bouffe", vous ne pourrez plus dire que vous n'étiez pas prévenus.

D'autre part, nous "croirons" d'autant plus à la rumeur que s'y glissent des éléments apparemment "rationnels" et rassurants qui emportent notre adhésion. Mais c'est une rationalité en permanence gauchie, qui entrelace vraisemblances, approximations et inepties... Notre texte propose :

Une source scientifique apparemment incontestable :

Ce document émane du service de chirurgie générale du Pr. Chabal et est distribué par l'HOPITAL de Villejuif, Centre national (sic) de la Recherche en Cancérologie.

Il faut être un spécialiste pour savoir que, s'il existe bien à Villejuif un centre de recherche et de soin sur le cancer, il ne s'agit pas de l'Hôpital de Villejuif. Et que d'autre part, la question des additifs alimentaires a peu de chances d'être traitée par un service de chirurgie générale. Précisons enfin qu'il n'existe évidemment aucun professeur Chabal à l'Institut Gustave Roussy !

Une astuce rhétorique :

Cette proposition nous conduit à penser que les informations sont exactes puisqu'il est, a priori, possible de les vérifier. On ne vérifie naturellement jamais. Sinon...

Une typologie pseudo scientifique :

SUSPECTS, Etudes en cours :E 123 - 131 - 141 - 124 - 150 - 153 - 171 - (...)
INOFFENSIFS : E 100 - 101 - 103 - 104 - 109 - 111 - 121 - 122 - 132 - 140 - 151 - 160

Cette typologie, ces "études en cours"... sont autant de références à des méthodologies scientifiques ou du moins identifiées comme telles par le public, qui laissent penser que le document est effectivement la synthèse d'un travail de recherche authentique et approfondi.

Un vocabulaire médical qui renforce le sentiment d'authenticité :

SYMPTOMES(pour diagnostics) :
Derme (peau) : E 220 - 231 - 232 - 233. /Calculs Rénaux : E 447.
Accidents Vasculaires : E 230 - 251 - 252 (Dans les charcuteries).
Cholestérol : E 320 - 321. / Sensibilité Cutanée E 311 - 312

Une dramatisation inquiétante :

TOXIQUES CANCERIGENES / LE PLUS DANGEREUX / SUSPECTS, (...)
Produits Toxiques Dangereux : E 102 - 110 - 120 - 124 - 127. (...)
Cancer : E 131 - 142 - 210 - 212 - 213 - 214 (mais là, c'est que c'est déjà trop tard).

La révélation d'un complot !

Tous les additifs ci-après sont actuellement autorisés en France, mais doivent être mentionnés sur l'emballage. (...)
(...) le Schweppes citron, certains apéritifs, Banga, Canada Dry, certaines Limonades, Moutarde Amora, Crème de fromage "La Vache Qui Rit" ...

Ce genre de rumeurs s'appuie sur des ressorts psychologiques finalement assez subtils. Ici de quoi s'agit-il ? De produits familiers et quotidiens qui se révèlent porteurs de danger, voire de mort. Il y a là une dimension souvent exploitée par le récit fantastique : derrière une apparence des plus anodine, les objets familiers recèlent soudain des dangers insoupçonnés et, observés sous un certain angle, se métamorphosent en créatures diaboliques ! C'est le début de la paranoïa.

La rumeur a-t-elle des conséquences ?

Pour la rumeur concernant les additifs, une anecdote suffit à prendre l'ampleur du phénomène.

Une personne qui a cherché à joindre l'Institut Gustave Roussy pour avoir des informations complémentaires sur cette information, a commencé par demander au standard s'il existait un service du professeur Chabal, celui-là même qui est invoqué comme garantie scientifique dans le document. Son interlocutrice lui a immédiatement répondu : " Monsieur, je sais pourquoi vous appelez, cela concerne les additifs."

Etonné de cette réaction si rapide, cette personne s’est permis de demander quelques précisions. "Cela fait quinze ans que cela dure. Nous sommes toutes averties au standard. Au départ c'était à la machine à écrire avec des carbones. On avait quelques appels. Depuis, c'est envoyé par fax et il ne se passe pas de semaine sans qu'on nous téléphone. La semaine dernière, il y a eu trois établissements scolaires. Et puis une dame qui m'a dit qu'elle avait ouvert son frigo et jeté tout ce qui était sur la liste..."

On peut déduire de ce court entretien que cette rumeur a un impact certain et surtout une permanence étonnante. De plus, les moyens modernes de communication, et spécifiquement Internet, multiplient sa diffusion.

BIEN ENTENDU, CETTE RUMEUR EST FAUSSE. LA PRINCIPALE RAISON EST QUE LE E 330 CORRESPOND A L’ACIDE CITRIQUE PRESENT DANS LES FRUITS, NOTAMMENT LES AGRUMES. CES DERNIERS SONT UTILISES DANS LA PREVENTION DE CERTAINS CANCERS. CECI A ETE PROUVE SCIENTIFIQUEMENT!

 

 

3) Deux rumeurs persistantes sur Angers :

Que ce soit à propos de l'avenir des Halles ou du Colisée sur le Bld Foch, les rumeurs circulent bon train sans qu'il soit vraiment possible de les vérifier. Le point sur ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas de ces projets.

Quel sera l'avenir des Halles d'Angers?

Les Halles construites au coeur du centre ville en 1984 et regroupant en ces lieux une quarantaine de commerçants est actuellement l'objet de beaucoup d'interrogations. Quel avenir, pour un lieu si stratégiquement situé?

Depuis un ou deux ans, à peu près toutes les suppositions ont été évoquées par la presse comme par certains élus, allant de l'hypothèse d'une destruction totale des locaux pour reconstruire un tout autre bâtiment jusqu'à la certitude qu’il ne se passera rien.

Evidemment, toutes ces rumeurs ne sont pas pour servir la plupart des commerçants, dont certains se plaignent qu'elles nuisent à leurs affaires alors que rien n'est encore décidé quant à l'avenir des Halles. En rencontrant des commerçants des Halles, nous avons appris que certains clients qui, lorsqu'ils achètent un produit garanti un an, demandent si le magasin sera encore là dans un an. Beaucoup de clients habitant loin d'Angers et ne connaissant pas la situation sur place ne viennent carrément plus parce qu'ils ont cru comprendre que les Halles étaient déjà fermées. Il faut bien dire à tout le monde que les Halles ne sont pas mortes.
Il reste cependant que la plupart de ces rumeurs partent d'un fait avéré: depuis maintenant quelques années la fréquentation baisse légèrement mais constamment. Certains commerçants sont partis et leur emplacement n'a pas trouvé de repreneur, laissant certains espaces des Halles assez vides.

Des prétendants dans l'arène du Colisée

La Mairie, particulièrement attentive aux recherches du groupe Gaumont, avait déclaré qu'elle s'opposerait à ce que ce soit une enseigne alimentaire qui s'établisse en lieu et place de l'ancien cinéma.
Nicolas Seydoux, PDG de Gaumont, a déclaré lors de l'inauguration du Multiplexe St-Serge que Gaumont était actuellement en discussion avec une filiale du groupe Metro, mais que de toutes façons, il souhaitait que ce soit une enseigne de qualité qui reprenne les locaux du Colisée. En fait, même si elle appartient au groupe Metro, l'enseigne qui est actuellement en pourparlers avec Gaumont, ne propose pas du tout les mêmes services que les entrepôts Metro, réservés aux professionnels (il en existe un à Saint-Barthélémy d'Anjou). Il s'agit en fait de la chaîne de magasins "Médiasaturne", qui propose au particulier des services proches de ceux des magasins "Darty" ou "Connexion", c'est-à-dire spécialisés dans l'électro-ménager, la Hi-Fi et l'informatique.

Le groupe "Virgin" est également sur les rangs pour réfléchir à la probable installation d'un Megastore sur le Bld Foch. Cependant, il faut rappeler que Virgin est annoncé sur plusieurs villes françaises, sans qu'on sache s'il s'agit d'intox ou d'info. Il semble, en effet, étrange qu'un groupe comme Virgin veuille s'installer à Angers alors qu'il ne dispose toujours pas de magasins dans des grandes villes comme Nantes, Rouen ou Caen, pour se cantonner à l'Ouest de la France.
On a aussi parlé d'un déménagement de la Fnac, qui quitterait ses locaux trop petits (les laissant à "Habitat") de la rue Lenepveu pour venir s'exiler sur le Bld Foch. Contacté, Stéphane Mangin, directeur de la Fnac Angers, a réfuté cette rumeur, ajoutant cependant qu'"effectivement, le magasin actuel est légèrement trop petit" et que les responsables de la Fnac restaient attentifs au marché de l'immobilier.

 

CONCLUSION : Interview d’une victime

En surfant sur des sites médicaux, je suis tombé sur une rubrique psychologie où des médecins répondent à des personnes qui laissent des messages. Vous allez le voir, une personne à cause d’une rumeur a une existence infernale. Son adresse E-mail était communiquer avec le messsage qu’elle laissait aux médecins car elle se sent seule. Romain et moi, lui avons écrite pour la soutenir et nous lui avons donné rendez-vous sur un forum de discussion pour que l’on puisse dialoguer de son problème. Au départ réticente à notre invitation, elle a ensuite accepté car nous lui avons expliquer que cela pourrait nous servir pour les TPE. Nous lui avons posé des questions sur son cas. Nous avons eu son accord pour publier l’interview que nous avons fait d’elle si nous n’écrivons pas son adresse E-mail dans le dossier.

Nous avons trouvé votre adresse E-mail sur un site spécialisé de santé dans la rubrique traumatisme, pouvez-vous expliquer pourquoi avez-vous écrit aux psychologues de ce site? "Depuis un certain temps déjà, je suis victime d'une rumeur persistante et totalement fausse."

Quelle est cette rumeur, quelle est son origine et si possible pouvez-vous nous dire qui l’a propagé? "Elle concerne des actes criminels très graves qu'un grand nombre de personnes m'attribuent gratuitement, sans preuve. Ces ragôts sont nés dans mon milieu de travail lorsqu’une équipe de policier est venu me chercher pour m’interroger sur un meurtre que je n’ai évidemment pas commis. Ils se sont ensuite propagés dans ma famille sûrement avertie par les gens de mon travail. J'ai perdu plusieurs "amis". J'ai été harcelé au téléphone et j'ai reçu des menaces directement de la part de certains collègues. Cela dure depuis deux ans et demi."

Quand cette rumeur sur vous est née, quelle a été votre première réaction? "Au début, je croyais que la rumeur s'éteindrait toute seule avec le temps. Je dois dire que le fait d'être ainsi accusé m'amusait.

Cette rumeur date de 2 ans et demi; que vous a-t-on conseillé quelques jours après la naissance de la rumeur? Que s’est-il passé? Votre situation a-t-elle tout de même évoluer depuis deux et demi? "On m'a conseillé de faire comme si rien n'était. Ce que généralement j'ai fait, non sans tenter toutefois de convaincre certains collègues et proches de la fausseté de ces ragôts. Voilà, ça fait maintenant plus de deux ans et demi que je suis au pilori. Je suis de plus en plus isolé. Certains ajoutent des saletés à ma réputation. On me teste, m'ostracise. Et puisque cette rumeur a quitté mon lieu de travail pour contaminer ma famille, on dirait que je n'ai plus d'issue. Je ne sais pas si vous pouvez vous rendre compte de ma situation? Elle est désespérante. Pour tout dire, ma consommation d'alcool a augmenté. Je dors beaucoup. On dirait que j'essaie de fuir ma condition qui ne cesse de se dégrader. (c’est ce que les psychologues me répondent). "

Je vous remercie beaucoup de votre coopération.

Nous avons réalisé cette interview le 10/11/2001. Nous l’avons recontacté 5 semaines plus tard pour avoir de ses nouvelles. Elle a déménagé sur les conseils des psychologues pour recommencer sa vie. Elle s’est inscrite à l’ANPE et selon ses propos, elle aurait quelques entretiens d’embauche de prévu. D’après ce qu’elle nous a écrit, elle a l’air d’aller beaucoup mieux. Son état est passé de désespérant à réjouissant en 35 jours seulement grâce aux conseils que les médecins lui ont prodigué!

 

II - L’utilisation des rumeurs :

A) Crimes, enquêtes et rumeurs :

La rumeur est présente dans la plupart des affaires judiciaires. Peu de cas illustrent aussi bien son omniprésence et son rôle déterminant que l'affaire Marie Besnard. Cinq années de prison telle est la conséquence de la rumeur Besnard.

1) L’Affaire Besnard :

La scène se situe à Loudun, petite ville de huit mille habitants, dans le département de la Vienne. Les Besnard, Léon et Marie vivent dans ce village. Ils sont riches mais continuent à vivre comme des paysans. Arrive la guerre de 1939-1945 : les Allemands occupent la région. En 1941, par hasard, dans le car allant de Châtellerault à Loudun, Marie Besnard rencontre une femme à peu près du même âge qu'elle, Louise Pintou. Celle-ci ne connaissant personne, Marie Besnard, serviable, lui propose de venir la voir. A partir de 1942, de visite en visite, Mme Pintou s'installe pratiquement chez les Besnard.

La guerre se termine. Pour aider aux travaux, Léon Besnard " hérite" d'un jeune prisonnier allemand de dix-neuf ans. Les deux femmes sont émues par ce jeune homme : Marie Besnard le traite comme un fils, Louise Pintou est plus émoustillée, malgré la différence d'âge.

Un jour après le déjeuner, Mr Besnard ne se sent pas bien. Il se couche. Trois jours plus tard, il meurt, le 25 octobre 1947. Les médecins de famille, qui le suivaient depuis plusieurs années, diagnostiquent une mort naturelle, suite à une crise d'urémie.

Le hasard fit que, pendant son agonie, Mme Pintou resta seule quelques minutes avec Léon Besnard, dans sa chambre. Dès la mort de Léon, Mme Pintou quitte la maison Besnard. Elle habite alors chez Auguste Massip. Celui-ci avait plusieurs fois séduit Marie Besnard, sans succès et en avait gardé un fort ressentiment. Mme Pintou lui raconta en arrivant au château que Léon lui a affirmé que sa femme Marie avait mis quelque chose dans sa soupe, lors du déjeuner.

Cette confidence fut l'étincelle. Les envies et des haines locales refoulées allaient pouvoir se libérer. Tout le monde va se venger. Enfin, on tient l'occasion rêvée. Le 4 novembre, Auguste Massip, n'y résistant plus, entre dans le cabinet du juge d'instruction de Loudun. Il raconte ce que Louise Pintou lui a dit. Quelques discrets va-et-vient des gendarmes mettent le feu aux poudres: Que se passe-t-il ? Tout cela est ambigu. La réponse arrive du château : cette mort est suspecte, Marie Besnard est suspecte. De la poste au marché, de la sortie de messe au café, de boutique en boutique, la rumeur saisit Loudun. Ainsi naquit l'accusation de "l'Empoisonneuse de Loudun ". En s'amplifiant, la rumeur accusa Marie Besnard d'avoir administré de l'arsenic non seulement à son mari mais aussi à onze autres personnes de sa famille, mortes depuis des années : son propre père, sa propre mère, son premier mari, la grand-mère naturelle de Léon, le père de Léon, etc.

Alors qu'aucune accusation officielle n'existait, un commissaire de police et un inspecteur sentirent que l'affaire de leur vie était là, et la promotion au bout. Ils prirent donc des initiatives et passèrent des journées à interroger la ville. La rumeur entre alors dans tous les procès-verbaux, on la retrouvera lors des témoignages aux assises.

Comme le soulignèrent ses avocats à l’époque, cette histoire devint totalement incontrôlable. Chacun y alla de son commentaire, de son "on-dit " : personne n'a vu, mais tout le monde sait. Les procès-verbaux d'enquête sont révélateurs : La rumeur publique prétend que le prisonnier allemand serait devenu l'amant de Mme Besnard, ce qui aurait provoqué entre les époux de violentes scènes de ménage.

Un professeur de philosophie, qui ne la connaît pratiquement pas, déclare qu'il la croit coupable, suite aux nombreuses conversations " avec les habitants qui bavardent assez librement avec moi ".

A la suite de cette accumulation de commérages, une présumée innocente fut traitée en coupable : elle entra en prison le 21 juillet 1949, à l'âge de cinquante-deux ans. On exhuma douze cadavres, fort décomposés, pour y rechercher l'arsenic coupable. Même les experts psychiatres désignés par le magistrat instructeur pour examiner la veuve Besnard ne purent se départir de l'influence des rumeurs qui en faisaient une coupable. Ils déclarèrent: " Marie Besnard est normale, tellement normale, qu'elle est anormalement normale. " Lors du procès d'assises de 1954, faute d'éléments de preuve, la rumeur fut la principale accusatrice : le commissaire et l'inspecteur de police se référèrent en permanence à elle. Ils sont les porte-parole de la rumeur.

Marie Besnard ne sortit de prison que le 12 avril 1954, libérée sous caution. Elle fut totalement acquittée le 13 décembre 1961. Emprisonnée à cause d'une rumeur qui conduisit des policiers à faire du zèle et à transformer tout " on-dit " en présomption de culpabilité, une innocente passa près de cinq années en prison. Ce qui lui arriva peut arriver à n'importe qui, n'importe quand.

2) Vengeances à retardement et acteurs :

Dans une petite ville ou un quartier, le crime n'est jamais un événement isolé : c'est un acte social, concernant l'ensemble de la micro-société. A Loudun, par exemple, depuis quinze années, Les envieux de la famille Besnard étaient de plus en plus nombreux : leur aisance faisait des jaloux, certains de leurs achats d'immeubles leur valurent des ennemis en secret, les courtisans éconduits en gardaient une profonde rancœur. L'armée des déçus et des haineux est prête à se mouvoir à la première occasion.

A Loudun, on retrouve tous les acteurs de la rumeur. La personne à l’origine est Mme Pintou. Les diffuseurs sont ceux qui ne demandent qu'à croire, c’est à dire tous les envieux, les déçus, les jaloux. Le commissaire et l’inspecteur sont les opportunistes : cette rumeur est une affaire pour eux. Quelle belle prise : douze meurtres découverts ! II est normal que les démentis n'arrêtent pas les bruits.

3) Je ne sais rien mais je dirai tout :

Dans une instruction, le juge travaille à partir de faits réels. Faute de témoins directs, on interroge des gens qui n'ont rien vu mais qui ont des idées. C'est l'heure des : " Ça ne m'étonne pas, car je crois me souvenir que... " A Paris, la vie est anonyme. Au contraire, dans les villages et petites villes, tout le monde se connaît : on s'observe, on s'épie depuis des générations. La rumeur précède même l'instruction.

C'est ainsi que sont révélés la plupart des cas d'inceste. La rumeur naît de l'interprétation des paroles plus ou moins claires d'une présumée victime. D'amie en amie, d'amie à parents, de parents à assistante sociale, la rumeur parvient aux oreilles de la justice. Autre exemple : la pédophilie. Un enfant raconte à ses parents que son maître lui a passé la main dans les cheveux. Les parents se font des idées et en parlent à la justice. L’instituteur avec ce geste voulait juste faire comprendre qu’il avait fait du bon travail. La société a bien changé.

4) Les médias et la justice :

Beaucoup de personnes ne veulent pas être entendues comme témoins par les gendarmes. En revanche, elles n'hésitent pas à parler à la presse. Parallèlement, lorsqu'une affaire traîne ou devient complexe, l'armée des journalistes envoyés sur place doit pallier l'absence d'informations réelles en procédant à sa propre enquête. Il s'agit d'entretenir le suspense à tout prix, de faire du vrai feuilleton. L'offre et la demande d'informations ne pouvaient que se rencontrer. Les micros enregistrent les moindres bruits ou potins. Livrés à des millions d'auditeurs ou de lecteurs, ce qui n'était que potin localisé devient une information nationale.

Aujourd'hui plus que jamais, trois droits fondamentaux se télescopent : le droit a l’information au public, mais aussi le droit de l'accusé (la présomption d'innocence vole en éclats si quelqu'un se voit accusé dans les médias), et enfin le droit de la justice à pouvoir mener l'enquête de façon sereine afin que la vérité émerge. Il y a conflit entre deux tensions : le juge d’instruction sait tout mais n’a le droit de ne rien dire pour maintenir le secret de l’instruction ; quant aux journalistes, on leur demande de tout dire alors qu’ils ne savent rien.

5) Crimes en série :

Ce dernier pose un problème considérable à la population. En effet, l’absences de coupable créé une situation angoissante propice à la persistance des rumeurs. Autre problème que se pose les gens : qui sera la prochaine victime ? Face à une question aussi angoissante, l’aspect fonctionnel de la rumeur est notoire. Elle va chercher à réduire l’angoisse. La première tactique consiste à briser la fatalité en déclarant qu’il n’y a pas vraiment une série mais plutôt l’addition de plusieurs crimes. Une seconde attitude consiste à chercher un lien entre les victimes. Par exemple, les victimes sont toutes des femmes débauchées, ce qui exclurait toutes les autres femmes.

 

B) Rumeurs et star-système :

Il n'y a pas de stars sans rumeurs. La star a un public. Pour ce public, la star est ce qu'il y a de plus important : l'implication est totale. Les fans ne vivent que par identification : elle est leur modèle, leur source d'identité. Hélas, la star est distante: on n'approche pas le sacré. Les deux conditions de la prolifération des rumeurs sont donc présentes : une énorme importance et une considérable ambiguïté créée par le secret qui entoure la star.

1) Posséder un bout de l'idole :

Une star doit rester inaccessible, hors de portée du monde humain. Néanmoins, pour entretenir la foule des adorateurs, il faut des substituts à cette possession impossible. La rumeur en est un ; l'autre est la collection des traces physiques du passage de la star. Faute de posséder la star, le fan veut en posséder une partie comme un bout de la chemise de Johnny Hallyday déchirée au Palais des sports. Le fétichisme des reliques entretient la foi, le potin aussi. Les fans veulent être ceux qui apportent l'indiscrétion, la fuite autour d'eux. La rumeur intervient ici.

2) Maintenir le mythe :

Le potin n'a pas besoin d'être vrai. On préfère une histoire qui nous fait du bien à une vérité qui ne nous procure rien. Le bon potin doit alimenter le mythe. Les femmes stars représentent des archétypes d'amoureuse. Aussi le potin égrène-t-il la saga ininterrompue de l'amour. Une rumeur de fiançailles précède une rumeur de mariage pour mieux faire le lit d'une rumeur de conflits conjugaux, de retrouvailles ou de divorce. La quête de l'amour fou est permanente. A travers ces femmes, le public vit par procuration le mythe du Grand Amour.

L'homme star est un héros, en plus d'un amant. Les rumeurs alimentent ces deux aspects de son identité. Belmondo se serait blessé en refusant de se faire doubler dans une scène périlleuse ; Lorsque James Dean se tua au volant de sa Porsche Spyder le 30 septembre 1955, à plus de 160 kilomètres/heure, les rumeurs confirmèrent son statut de surhomme. Un surhomme ne meurt pas. En réalité, selon la rumeur, défiguré par l'accident, il s'est longtemps caché dans une ferme des environs de Los Angeles. Toute une légende entoure aussi sa Porsche. Après l'accident, l'épave fut rachetée par l'homme qui l'avait entretenue pour Dean : en la descendant du camion qui la ramenait, les freins lâchèrent. Un ouvrier eut les deux jambes brisées.

3) Quand le contrat est rompu :

Un contrat lie la star à son public : toute sa vie, elle doit jouer le mythe qui l'a fait élire. On ne devient pas star par hasard. La star est la rencontre d'un physique avec un type de personnalité, celui que le public attend à un moment donné. Les rumeurs négatives sont le signe d'une fissure : la star s'éloigne des termes du contrat. Elle viole le scénario pour lequel elle fut retenue.

En France, la rumeur concernant Sheila (elle serait un homme) est le signe d'une attente déçue. A l'époque de Salut les copains et du yéyé, Sheila symbolisait la lycéenne bien sage, aux petites couettes : ses chansons étaient modernes, mais aussi pures et rassurantes. Elle représentait le profil de la jeune fille bien élevée, restant dans le droit chemin. Elle créait donc des attentes bien spécifiques de la part de son public : normalement, son rôle aurait dû la conduire à avoir quelques petits amis, plutôt peu mais stables, le tout se finissant par un honnête mariage avec un gentil garçon. La trajectoire de Sheila fut inverse : non seulement elle maintenait un total secret sur sa vie privée, mais malgré les fuites, on ne lui connaissait aucun petit ami, pire elle s'obstinait à ne pas se marier. Ceci ne pouvait que perturber ses fans. Pourquoi cette trajectoire imprévue ? Y aurait-il quelque impossibilité à mener le destin féminin auquel le public l'avait promise ? Comme toujours lorsque des questions importantes restent sans réponse, la rumeur prend le relais et apporte ses solutions. Toute femme seule est une femme ambiguë: solitaire, sans petits amis connus, gérant elle-même ses affaires, Sheila avait un comportement d'homme. Elue comme jeune fille bien sage, elle assumait des fonctions masculines. La rumeur a effectué l'amalgame entre le non-mariage et le style de carrière plutôt masculin. Si la chanteuse s’est écartée du chemin attendu, c'est à cause de quelques impossibilités physiques, quelque virilité secrète. A ne pas vouloir gérer les rumeurs, on s'expose aux rumeurs les plus incontrôlables.

C) A l’usine et au bureau :

Peu de conditions sont aussi propices aux rumeurs que celles de la vie professionnelle, à l'usine, au bureau, dans l'entreprise ou l'administration. En effet, les rumeurs fleurissent lorsque les gens ont le sentiment d'avoir perdu tout contrôle sur leur propre avenir. Hormis le P.-D.G. et quelques cadres dirigeants, l'ensemble des travailleurs se trouve précisément dans cette situation. Les rumeurs naissent en réaction à ces facteurs. En situation de croissance économique, le démontage d'une machine serait interprété comme l'annonce d'un remplacement par une nouvelle plus efficace. Aujourd'hui, la rumeur l'interprétera comme le signe d’un premier démantèlement de tel ou tel atelier.

1) Les silences de Renault

Peu de moments ont vu fleurir autant de rumeurs que les semaines ayant suivi la nomination de Georges Besse à la tête de Renault. En effet, en raison des résultats décevants du groupe, Bernard Hanon dut démissionner. Le gouvernement alla chercher un patron compétent, Georges Besse, réputé pour son efficacité. Après sa nomination, le 21 janvier 1985, Georges Besse n'avait dit que deux phrases : " il faut faire des économies " et " Je rencontrerai chacun pour connaître son rôle exact dans l'entreprise ". Puis il s'enferma dans un silence total, des semaines durant. Ce mutisme entraîna des rumeurs au sein de la base, les ouvriers et les employés. Chacun tentait de deviner les effrayantes intentions du nouveau directeur. " II vient de fermer la cafétéria du siège social, quai du Point-du-Jour", "Il paraît même que la cafétéria de Rueil-malmaison va aussi être fermée ". Selon les rumeurs, Besse avait lancé un programme contre les " excès ". Il aurait fait une descente surprise dans le supermarché Leclerc adjacent à Renault pour prendre en faute quelques ouvriers occupés à faire leur marché pendant les heures de travail. Résultat : un avertissement pour 79 salariés (on remarque à nouveau combien, lorsque l'information est émotionnelle, il importe de la soutenir par des détails crédibilisants, tel ce chiffre précis). A la surprise générale, Georges Besse est arrivé en Super Cinq, sans chauffeur, sans téléphone. La majorité des cadres supérieurs jouissent d'une R25 de service. La rumeur circula selon laquelle les voitures de fonction allaient être limitées aux simples R5. Par conséquent, la petite innovation imposée par le nouveau P.-D.G. fit son chemin. Les responsables des véhicules de service ont commencé à les distribuer au compte-gouttes. Un soir, quai du Point-du-Jour, on n'y voyait rien: " C'est Besse qui a fait réduire la pression d'électricité. " Naturellement, les rumeurs allaient aussi bon train concernant les réductions d'effectifs. Georges Besse avait désiré rencontrer chacun. La rumeur alla de 15 000 à 25 000 salariés en sureffectifs.

2) Une arme syndicale :

La rumeur oblige la direction à parler, à rompre le silence : il s’agit de prêcher le faux pour savoir le vrai. En lançant en permanence de nouvelles rumeurs alarmistes, les syndicats essaient de deviner les intentions des responsables de l’entreprise : il suffit d’examiner celles qui sont démenties et celle qui ne le sont pas. Par cette tactique, ils inversent la relation avec le patronat. Ce dernier perd l’initiative de l’information : il ne peut que réagir aux rumeurs lancées par le syndicat. Il arrive aussi que la direction elle-même fasse usage des rumeurs. On souhaite évaluer quelle serait les réactions de la base de telle ou telle mesure. Une rumeur est alors lancée : il n’y a plus qu’à attendre la vitesse et la force de la réaction syndicale.

3) La gestion des communications internes :

Les entreprises se sont rendu compte qu'elles étaient totalement démunies en matière de communication interne. La prolifération des rumeurs est en général le révélateur de cette lacune. On a vu naître un nouveau poste fonctionnel: direction des relations humaines. Leur tâche est non de supprimer les rumeurs, mais d'éviter celles qui peuvent l'être. Puisque les rumeurs naissent d'une sous information, d'une surinformation ou d'une désinformation, la stratégie consiste à éliminer ces trois facteurs par une politique d'information ouverte.

Le responsable a pour tâche d'expliquer les grandes décisions de l'entreprise, mais aussi de signaler des faits trop souvent considérés comme mineurs par la direction générale. Par exemple, par pure rationalité de gestion, le groupe Valéo décida de vendre les murs de son siège social : il était plus intéressant de louer que d'immobiliser de l'argent de façon improductive. Les employés et les ouvriers ont du mal à décoder les plans de diversification stratégique : Si l'on n'y prend garde, la vente discrète du siège social peut servir de détonateur à une rumeur de faillite : " On vend la maison ! "

D) La rumeur en marketing :

En matière commerciale, tous les coups ne sont pas permis. Par exemple, en France, la publicité comparative n'est pas autorisée. De même, il n'est pas recommandé pour un vendeur de dénigrer trop ouvertement les produits de la concurrence. Néanmoins, trop d'intérêts sont en jeu pour que la rumeur ne s'insère pas dans l'arsenal des stratégies commerciales et des plans de communication. Cette rumeur est appelée plus couramment un " buzz ".

1) Déstabiliser un concurrent :

Sur le terrain, le bouche-à-oreille est le média de la vente. C'est par le contact en face à face que clients et fournisseurs communiquent. Toute visite d'un vendeur à l'un de ses clients est une opportunité pour glisser subrepticement une rumeur visant à jeter un doute sur la fiabilité des fournisseurs concurrents. Rien n'est affirmé, tout est sous-entendu : le vendeur peut aisément glisser des informations, sur le ton de la confidence. " J'ai appris d'un de mes amis qui travaille chez X que l'entreprise connaîtrait sous peu une restructuration. Faut-il ajouter du crédit à cette nouvelle ? Je n'en sais rien, mais j'ai cru bon de vous en informer, un acheteur averti en vaut deux..."

Le moindre fait peut servir de support à une rumeur. Une entreprise perd l'un de ses meilleurs vendeurs, passé chez un concurrent : " Ce n'est pas, à ce que l'on dit, le premier qui les quitte... ces dernières années, et ce n'est peut-être qu'un début. " Ainsi, un événement localisé, le départ d'un vendeur, est présenté comme le signal d'un problème caché et l'annonce de difficultés à venir dans l'entreprise. Dans le contexte économique actuel, il est fréquent que les vendeurs des grandes sociétés misent sur le talon d'Achille des concurrents de petite taille, la fragilité. Aussi les rumeurs concernant le prochain dépôt de bilan d'un fournisseur sont aujourd'hui monnaie courante. Agitant la faillite probable pour une PME, on espère ainsi récupérer une commande. Si la rumeur prend de l'ampleur, elle s'auto-valide. Inquiets devant la perspective de voir un de leurs fournisseurs promis à une vie brève, les acheteurs préfèrent opter pour un fournisseur dont on est sûr au moins qu'il sera encore là dans dix ans. En ce cas, le recul des commandes, créé par la rumeur, peut effectivement conduire le fournisseur visé à la faillite. Pour tout le monde, la rumeur avait donc raison.

Dans le monde des entreprises, tout acheteur se sent délaissé par le vendeur. Une fois l'acte de vente conclu, les ressentiments et les griefs s'accumulent. Les rumeurs trouvent un terrain particulièrement perméable en ces acheteurs frustrés et délaissés : elles fournissent une explication simple à un ensemble de détails et de situations mal vécus par ces acheteurs, comme par exemple les visites moins fréquentes du vendeur, les invitations plus rares, les cadeaux de fin d'année moins importants. L'acheteur projette son ressentiment : aussi s'empare-t-il de la rumeur qui lui ouvre les yeux. Son fournisseur lui cachait quelque vérité.

2) Luttes souterraines :

Après avoir mangé du sucre naturel pendant des siècles, les pays occidentaux se sont mis aux édulcorants de synthèse. Année après année, les ventes d'aspartam, par exemple, connaissent une croissance hyperbolique. Naturellement, en face, chez les fabricants de sucre le problème est inverse : comment saper la croissance de ces nouveaux produits de substitution ? Une première approche consiste à peser sur les réglementations pour limiter la diffusion du concurrent. Une seconde approche, défensive, consiste à essayer de débarrasser le sucre naturel du cortège de fausses rumeurs qui l'accompagnent.

Ainsi toute société, toute marque a une zone de faiblesse, un talon d'Achille exploitable par la rumeur. Par exemple, la plupart des Français buveurs de Heineken croient qu’il s’agit d'une bière importée. Effectivement, pendant longtemps elle fut brassée en Hollande et son succès en France repose largement sur cette image "export" de bière étrangère. En réalité, cette bière est fabriquée en France à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg. Le fondement de son image est devenu mensonger. Un concurrent pourrait avoir intérêt à exploiter par la rumeur cette facette cachée d’Heineken.

De nombreuses marques font l’objets de rumeurs. Certaines sont spontanées, d’autres sont intentionnelles, d’autres enfin nées spontanément peuvent être entretenues par ceux qui trouvent leur intérêt. Par exemple, depuis sa création, la crème pour chaussure Baranne est poursuivie par la rumeur. Selon cette dernière, elle dessécherait le cuir. Or, cet argument est spontanément employé par les petits commerçants vendant des marques concurrentes.

3) La stimulation du bouche à oreille :

Les consommateurs font plus confiance aux dires de leurs voisins ou amis qu'à la publicité ou aux vendeurs. Aussi tous les fabricants se sont-ils posé la même question : Comment lancer une rumeur sur leur propre produit afin d'en augmenter les ventes ?

Le concept de rumeur sous-entend une vérité cachée jusqu'ici et dévoilée par accident, à l'insu de l'entreprise, voire même parfois contre son souhait. C'est pourquoi la majorité des rumeurs sont noires et donc l’arme idéal des concurrents. Il existe cependant des rumeurs favorables : elles fournissent un argument de vente que l’on ne souhaite pas avouer ouvertement. Par exemple, en Martinique ou en Guadeloupe, Vittel vend une quantité considérables de Ricqlès, le softdrink à la menthe. En effet, pour les Antillais, le ricqlès aurait des vertus aphrodisiaques. Si Ricqlès faisait en France l’équivalent du tonnage qu’il réalise aux Antilles, ce serait la boisson n°1. Il suffirait pour la société Vittel que la rumeur marche en France.

Pour qu’un " buzz " marche bien, il y a deux conditions supplémentaire à réunir en plus par rapport à une rumeur toute simple.

Tout d’abord, il faut travailler le look du produit que l’on veut vendre. Là les incontournables sont les personnes du groupe Daft punk. Les membres de ce groupe sont des mystères. En effet, qui sont ces deux versaillais toujours déguisé dans leur clip et que l’on ne voit nulle part ? Les rumeurs vont bon train. Mine de rien, le buzz est tellement bien orchestré qu’ils sont passés du statut d’inconnu à celui de stars de la tesson française. Au départ, ils se déguisaient pour ne pas qu’on les reconnaisse, mais comme ils virent que justement le fait qu’ils ne se montrent pas faisaient qu’ils vendaient plus de disques qu’un groupe de leur niveau musical fit qu’ils choisirent de rester cacher.

Deuxième condition, créer un phénomène de société. En Italie, Renault a voulu initier un élan communautaire autour de sa nouvelle clio à l’aide d’un mystérieux sigle tribal. Tampon du sigle sur les mains à l’entrée des boîtes de nuits, piratage de publicités télés avec apparition du sigle. Evidemment, les boîtes de nuits et les marques concurrentes étaient dans la combine. Cela a extrêmement bien marché. Après le fameux effet d’attente Renault s’est dévoilé et a récupérer les fruits de ce buzz. Durant cette période d’attente, tout le monde se demandait à qui appartenait ce sigle, pourquoi il apparaissait à tous les coins de rue sans qu’on sache pourquoi il se trouvait là a fait parler les gens et des tas de rumeurs ont circulé, ceci a fait du bien a la marque.

 

E) Les rumeurs financières :

La rumeur financière correspond à un phénomène mythique dans la pensée du grand public. L'étude des rumeurs financières pose certains problèmes particuliers qui la rendent à la fois très difficile et d'autant plus passionnante. Ici, la rumeur est très localisée et très fugace. A l'inverse du texte, le bruit ne demeure point : il s'élève, se répand et s'évanouit, il est dès lors difficile de disposer d'un historique récapitulatif des rumeurs. Ajoutons que, pour être utilisable sur un marché financier, une information ne doit pas être connue de tous, sous peine d'être déjà incorporée dans le cours du titre. Il est normal qu'il y ait des rumeurs financières. Certes, les intervenants sont des experts, des professionnels, mais ici, l'anticipation de l'information a une considérable valeur monétaire. Sur les marchés financiers, l’important est de prévoir avant les autres. La rumeur est la conséquence naturelle de cette problématique permanente.

1) Les marchés financiers, un contexte propice aux rumeurs :

Sur un marché financier, le temps est compté. Le trader est soumis à la contrainte fondamentale du temps, du fait de la compétition existant sur le marché et de la rapidité nécessaire à l’élaboration des transactions. L’excitation et la tension créée par cette situation ajouté à la fatigue et à la nervosité qu’elle engendre chez les opérateurs préparent le terrain à la diffusion de nombreuses rumeurs.

Tout doit aller très vite donc pas le temps de rechercher l'origine de l'information, de soupeser le degré d'exactitude, de questionner maints officiels et spécialistes. Il faut agir, c'est-à-dire trancher entre toutes ses incertitudes.

A la différence de beaucoup de rumeurs, toutes rumeurs financières implique un risque. Agir sur la base d’une information incontrôlée laisse planer des conséquences négatives en cas d'erreur. Mais ne pas agir est aussi un risque, par manque à gagner, au cas où la rumeur se révélerait fondée. Les sommes en jeu sur le marché sont souvent telles qu'on ne plaisante pas avec l'information. Le courtier qui, en bout de chaîne, prend les décisions d'achat ou de vente sait à quoi il s’engage en suivant ou non la rumeur.

2) Vente d’entreprise :

La rumeur relève dans certains cas de l'intention maligne de celui qui a intérêt à la propager pour obtenir un mouvement sur les cours. On peut avoir intérêt à entretenir la rumeur de la prochaine vente de la société à une autre société pour soutenir le cours des actions. C'est exactement ce qui se passa à la Bourse de Paris en octobre 1985. On murmura qu'un géant mondial, en l'occurrence Coca- Cola, avait envie de " s'offrir " Pernod-Ricard, union mythique symbole de l'Amérique et de l'apéritif national.

La rumeur connut une diffusion rapide, relayée par la presse économique et financière et quelques quotidiens nationaux. Il est vrai que plusieurs faits pouvait accréditer la rumeur :

- Pour modifier son image, le groupe Pernod-Ricard développait depuis un certain temps ses activités non alcoolisées. Celles-ci représentent désormais 40 % de son chiffre d'affaires.

- Le groupe Pernod-Ricard est distributeur de Coca Cola en France. Ce sont donc deux groupes qui se connaissent.

- Enfin, les problèmes de Coca-Cola aux Etats-Unis avec l'échec de New Coke pouvaient expliquer que le groupe veuille renforcer sa position en Europe. Ainsi, sur un strict plan financier, la rumeur n'avait rien a priori qui la rende non plausible. D'où son succès. De ce fait, le titre de Pernod-Ricard connut dès lors une certaine agitation. De plus, la presse ne démentait pas la rumeur

Il est vrai que le président du groupe Pernod-Ricard maniant l'humour, avait émis une forme de démenti qui pouvait paraître ambigu : " Le capital de Pernod-Ricard est relativement bien protégé [...], même si nous voulions vendre aux Américains, il n'est pas évident pour autant que nous aurions l'autorisation des pouvoirs publics. Je ne suis pas vendeur [...], après tout dans la vie tout n'est que question de prix. " Cette conclusion en forme de boutade l'obligea à réitérer son démenti, cette fois catégoriquement.

Une chose est certaine, le cours de l'action Pernod-Ricard connut une hausse. La rumeur émanait-elle d'un spéculateur ? C'est probable.

 

F) La rumeur politique :

Il n'est pas de politique sans rumeurs. L'essence de la rumeur, nous l'avons montré, est d'être une parole en marge de la parole officielle. Elle est un contre-pouvoir. Il est donc naturel que les rumeurs prolifèrent sur le terrain de la conquête et de la gestion du pouvoir.

1) Les avantages et inconvénients de la rumeur :

Dans l'arsenal des outils de la guerre politique, la rumeur jouit de nombreux avantages. Tout d'abord, elle évite de se montrer à découvert : d'autres parlent à votre place et se font les porteurs volontaires ou involontaires de la rumeur. La source reste cachée, insaisissable et mystérieuse. Personne n'est responsable, mais tout le monde est au courant. La rumeur est le média du non-dit : elle permet de porter sur la place publique des sujets que la tradition politique interdit de mentionner ouvertement. Ainsi, le Français est en général gêné par le problème de la santé de l’homme politique: c'est un sujet tabou que l'on ne saurait aborder publiquement. Aussi est-ce un thème fréquent de rumeur : il jette le doute sur la pérennité de l'homme et sur sa capacité à gouverner de façon lucide et sereine.

La rumeur ne requiert pas de preuves. L'opinion publique se fonde souvent plus sur des impressions que sur des faits. L'accusation suffit donc. L'affaire Markovic, en est un exemple : éclatant en octobre 1968, elle devait salir le futur présidentiable Georges Pompidou et sa femme. Pendant des mois, on parla dans les salles de rédaction que de ces " fameuses photos de parties de plaisir dans une villa des environs de Paris au cours de l'été 1966 ", que chacun pouvait décrire mais que personne n’avaient vues.

Le prix, et ce n'est pas son moindre avantage, est nul. Elle ne coûte rien. Comparée aux millions de francs dépensés pour les campagnes de publicité politique dont l'efficacité reste à démontrer, la rumeur est une arme sans coût financier direct.

Mais elle a aussi des inconvénients. A la différence d'une campagne publicitaire dont on contrôle tout, la rumeur échappe. De plus, il arrive que la rumeur se retourne contre ses émetteurs : une fausse rumeur bien démentie permet à sa cible de se débarrasser des futures à venir. En la tuant, on tue toutes les autres. Ainsi, François Mitterrand se sortit avec brio des rumeurs de cancer qui accompagnèrent le début de son septennat.

2) Usages de la rumeur :

A l'approche des élections, tous les moyens sont bons pour déstabiliser les futurs candidats gênants. La rumeur est l'arme idéale des primaires, c'est-à-dire des luttes entre personnes du même bord.

En effet, dans toute guerre, on note que les rumeurs portent plus sur les alliés que sur l'ennemi. L’agressivité vis-à-vis de l'ennemi trouve des exutoires autorisés. En revanche, le combat dans les partis étant honni, les dissensions internes doivent nécessairement utiliser le média de l'ombre, la rumeur. Le même phénomène explique l'âpreté des rumeurs dans le corps médical ou au Barreau. Dans ces deux groupes professionnels, la concurrence est forte pour accéder aux postes de pouvoir, mais on ne saurait faire campagne ouvertement les uns contre les autres. Celui qui rêve de devenir doyen de l'Ordre peut en revanche compter sur la rumeur pour entacher la réputation d'un " confrère ".

3) Les grands thèmes de la rumeur politique :

L'analyse des rumeurs politiques montre que celles-ci ne font que décliner à l'infini un petit nombre de thèmes, six en l'occurrence.

Le premier thème est celui de la main cachée, du pouvoir occulte, de la société secrète qui dirige le pays. Derrière la mise en scène électorale et une façade démocratique, il existerait en réalité un pouvoir occulte, une main cachée, libérée elle des entraves du parlementarisme et du suffrage universel. Le thème des sociétés secrètes est une des constantes de l'imaginaire politique français : toute société un peu fermée et mystérieuse pouvait servir de bouc émissaire. Ainsi les rumeurs ont-elles longtemps porté sur les jésuites avant de changer de bouc émissaire : ce fut alors le cas des francs-maçons. Ces groupes dirigeraient en réalité le pays, quelle que soit la nature du gouvernement en place.

Le deuxième thème des rumeurs politiques est celui de l'accord secret. Il y aurait des rencontres et des arrangements liant en secret les adversaires politiques, contredisant ainsi leur attitude publique. Le moindre indice sert à la rumeur : pour quelle raison F. Mitterrand est allé rendre une visite courtoise, le 6 juillet 1984, à Valéry Giscard d'Estaing, lors d'un voyage officiel en Auvergne ? Cela va de soi : le président et son rival se sont d'ores et déjà entendus pour se partager le gâteau électoral des législatives de 1986. Selon la rumeur, la cohabitation était déjà amorcée.

Ce thème de l'alliance découle du mythe du théâtre Sur scène les candidats se disputent et s'invectivent ; en coulisse, chacun le sait, ils dînent ensemble et fréquentent les mêmes salons.

Les trois thèmes suivants sont "sous, santé et sexe". On ne compte pas les rumeurs de fortunes cachées, d'accumulations scandaleuses, de profit sur le dos de la collectivité. Laurent Fabius s'achèterait une résidence luxueuse à Cléguer, près de Lorient ! Chirac aurait acheté illégalement le terrain avoisinant son château en Corrèze!

La sexualité a perdu un peu de sa vigueur comme thème de rumeur. La sexualité est de moins en moins secrète et taboue : elle échappe donc lentement à la rumeur (Bill Clinton et sa stagiaire...)

Le thème de la santé est un des favoris de la rumeur. Comme il est malsain en France d'interpeller publiquement un homme politique sur son état de santé réel, cette tâche échoit à la rumeur. Dans les démocraties occidentales, les électeurs exigent de plus en plus de tout savoir de la santé des hommes qui les gouvernent. Aux États-Unis, la procédure est institutionnalisée : même les candidats à l'investiture du parti républicain ou démocrate doivent publier les résultats de leur bilan de santé.

Le sixième thème est celui du double langage : les intentions réelles de l'homme politique seraient à l'opposé de ce qu'il proclame publiquement. La rumeur a couru récemment que Lionel Jospin serait trotskyste.

 

G) La rumeur dans L’histoire :

La mobilisation de 1914 s’est faîte dans l’enthousiasme; Yalta c’est le partage du monde; Dreyfus coupable……

Pourquoi tant de rumeurs, d’informations inexactes, d’erreurs délibérés ? La répétition d’une idée fausse suffit parfois à lui donner un label de vérité. D’où le rôle de l’historien : rétablir les faits.

1) Divers rumeurs :

Dans une série de conflits contemporains (la guerre d’Espagne, d’Algérie…) le chiffre des victimes aurait atteint le million, un chiffre rond qui a l’avantage de donner un bon aperçu de l’atrocité de la lutte. Le nombre d’emplois aurait diminué dans la crise de 74 alors qu’il a augmenté. L’allocation de chômage actuel est, contrairement à ce que l’on croit, supérieure au salaire plein d’il y a 25 ans. Dans son ouvrage " De la rumeur à l’histoire " Alfred Sauvy rappelle que la faim ne peut tuer 100 millions de personnes par an alors que le nombre de décès, toutes causes confondues, est de 60 millions.

2) Le départ à la guerre :

Souvent les idées fausses relèvent de légendes qui ont recouvert la réalité historique. Les origines de ces légendes peuvent être diverses. Par exemple, il est devenu un lieu commun de dire que la mobilisation de 1914 s’est faites dans l’enthousiasme. La réalité fut bien différente. L’ordre de mobilisation a été reçu avec réticence, en particulier dans les campagnes, mais le départ résolu des mobilisés convaincus que la France était victime d’une agression, les photographies montrant les trains couverts d’inscriptions vengeresses ont fait croire par la suite qu’un enthousiasme général avait présidé à la mobilisation, explicable par l’esprit de revanches qui animait les Français. C’était une généralisation et une déformation considérable. L’esprit de revanche avait bien faibli depuis 40 ans.

3) L’affaire Dreyfus :

C’est un scandale judiciaire et politique qui divisa l’opinion française de 1894 à 1906. Alfred Dreyfus, officier français de confession israélite fut accusé à tort pour espionnage au profit de l’Allemagne. Il fut condamné en 1894. Il fut dégradé et déporté avant tout de même d’être gracié en 1899 et réhabilité en 1906 après une campagne de révisions. Pourquoi fut-il condamné ?

La rumeur a eu un rôle important dans cette histoire. Il fut victime de préjugés raciaux et au moment de trouver le coupable, tout le monde pensait que c’était Dreyfus car il était juif.

 

 

La rumeur participe à l’histoire. Elle fait partie de l’histoire, de l’opinion publique et d’une façon plus générale de l’histoire des mentalités mais il serait paradoxal de dire pour autant que l’histoire ne serait que rumeurs. Elle est toujours plus scientifique, même si elle ne prétend pas être en permanence une science exacte.

III - Les phénomènes voisins de la rumeur :

 

A) Les légendes urbaines :

1 ) Qu’est-ce qu’une légende urbaine ?

La légende urbaine est une forme de rumeur.

C’est aujourd’hui une des formes les plus courante de la rumeur avec la rumeur sur Internet.

C’est la " mode " qui a donné le nom de légende urbaine à ce phénomène mais on peut aussi appeler la légende urbaine : légende contemporaine, légende moderne, ou, elle est appelé " histoire exemplaire ". En effet, la création du mot " légende urbaine " est une réussite de marketing. Les " légendes modernes urbaines " ne seraient pas des légendes. De plus, elles ne seraient ni modernes, ni urbaines :

· Ces histoires n’ont rien d’exclusivement urbain. On en trouve des équivalents dans les milieux ruraux où elles circulent aussi.

· De nombreuses légendes urbaines sont en réalité la dernière version, cachée sous l’apparence d’un fait divers tout récent, d’histoires bien plus anciennes.

 

Les grandes caractéristiques de la légende urbaine sont les suivantes :

Le récit est anonyme, très court et présenté comme authentique. Les événements racontés sont censés s’être déroulés il y a peu de temps, et parlent de gens qui nous ressemblent et qui vivent à notre époque. Il comporte également un message implicite, une morale cachée. Enfin, le dénouement de l'histoire ( la chute ) comporte toujours un revirement de situation inattendu, souvent empreint d'humour ou d'horreur.

De plus, même si le récit paraît à chaque fois unique, on peut retrouver de nombreuses variantes de la même légende urbaine. Le récit ne circule pas dans tous les milieux sociaux. Les histoires qui nous intéressent sont toujours celles qui parlent de nous.

 

Fonction de la légende urbaine :

Les légendes urbaines sont nées du mode de vie moderne et le mettent en scène. Elles expriment sous une forme narrative et symbolique les angoisses et les désirs des individus en société.

Ces histoires sont " exemplaires " car elles portent une morale en elles. Racontées comme des récits d’aventures authentiques survenues à un proche, ou à l’ami d’un ami, ces histoires ont une fonction qui tient précisément à cette morale, explicite ou implicite.

C’est en analysant le milieu, la tranche d’âge, le profil des personnages où circule une rumeur que l’on en décèle la morale, donc la fonction. Beaucoup de ces histoires sont en fait des avertissements sociaux ou sexuels destinés aux jeunes, confrontés à des problèmes nouveaux pour eux. Ces histoires exemplaires sont modernes au sens où elles se concentrent sur les frustrations ou inquiétudes spécifiques de notre temps.

 

Origines des légendes urbaines :

Le terme de " légende urbaine " est né récemment. Il est né du mode de vie moderne.

De nombreux chercheurs se sont un jour mit à travailler sur ce qui se disait au sein des jeunes et adolescents, dans les villes, de nos jours, dans les bars, les clubs et autres lieux d’échanges. Ils ont découvert de nombreuses histoires circulant de façon généralisée et mettant en scène les produits de la culture de masse moderne ( l’automobile, la télévision, le Coca-Cola, etc..); c’est de là que vient le terme de " légende urbaine ".

 

 

On définira donc une légende urbaine comme un récit anonyme, présentant de multiples variantes, de forme brève, au contenu surprenant, raconté comme vrai et récent dans un milieu social dont il exprime les peurs et les aspirations.

 

2 ) Analyse des légendes urbaines :

a. Analyse externe : ( contexte sociohistorique dans lequel se transmet le récit )

· Le récit et ses variantes :

Une même légende urbaine peut avoir des variantes attestées dans le temps et l’espace.

Variations : · superficielles :

L’histoire peut être raconté avec plus ou moins de détails et elle peut être plus ou moins bien raconté par son locuteur.

· circonstancielles :

Un ou plusieurs éléments mis en scène dans le récit vont être remplacés par des éléments équivalents. ( ex : pour une légende urbaine ayant comme élément principal une voiture, selon qu’elle est raconté en France ou en Allemagne on aura une 2 CV Citroën ou une Coccinelle Volkswagen. )

· profondes :

Variations qui changent la nature de l’histoire. Cela aboutit à des versions différentes d’une même légende.

· Le contexte de diffusion :

L’étude de la diffusion géographique d’une rumeur ou d’une légende permet de mieux comprendre les réseaux d’apparition et de circulation des variantes.

L’étude de la diffusion sociologique repère les milieux et les groupes sociaux où circule telle ou telle légende.

L’étude de la diffusion historique permet de découvrir des variantes plus ou moins anciennes de récits contemporains.

· Le degré de véracité :

  1. On peut examiner la réalité des faits présentés dans le récit :

· Certains faits sont scientifiquement faux.

· Certains faits sont matériellement impossibles. ( ex : un avion Canadair ne peut aspirer accidentellement un nageur : Sur la Côte d’Azur, après un incendie de foret, on a découvert un homme carbonisé, vêtu d’une tenue de plongeur, dans un arbre. C’était un avion Canadair qui, en faisant le plein d’eau de mer, l’avait accidentellement aspiré puis lâché au-dessus de la foret en feu. )

· Certaines affirmations sont facilement vérifiable. ( ex : on peut aller constater qu’il n’y a pas de vérins hydrauliques sous la Tour Eiffel )

Attention aux idées reçues issues de la vie quotidienne : Il aura fallu longtemps pour que l’on découvre que les épinards ne contiennent pas beaucoup de fer.

  1. Souvent des événements réels ( souvent des faits divers ) sont à l’origine d’une légende urbaine. On peut distinguer trois types de transformation des faits en légende :

· Les faits amplifiés :

Un routier passe voir sa famille entre deux trajets. Devant sa maison, il roule sur un grand carton d’emballage, sans s’en préoccuper. Il entre chez lui, dit bonjour à sa femme et demande après son petit garçon. Son épouse lui répond que le petit joue dans la rue avec des cartons. L’homme sort alors en courant puis revint complètement hagard : il avait écrasé son propre fils.

Cette légende urbaine a en réalité pour origine un fait divers. On observe une triple amplification : la voiture est remplacée par un poids lourd, le carton effleuré est ici écrasé et l’enfant se relève ici être le fils du conducteur.

· Les faits déplacés :

Un fait réel est déplacé vers un contexte qui n’est pas le sien. ( ex : Légende des vérins hydrauliques sous la Tour Eiffel : Les machineries hydrauliques, situées sous certains piliers de la tour et destinées au fonctionnement des ascenseurs hydrauliques, ont été assimilées aux fameux vérins par des esprits peu au fait des procédés techniques. )

· Les faits reconstruits :

Fait réel : Le 27 décembre 1911, un garde-côte récupéra sur la plage de Brétignolles " une barrique contenant un cadavre de singe en assez bon état de conservation, sans marque extérieure "

Plusieurs journaux ont déformé l’information jusqu’à aboutir à la légende suivante : Une bande de marins avait découvert une barrique de rhum échouée sur la plage. Plutôt que de la remettre aux Affaires maritimes , ils décidèrent d’en consommer immédiatement le contenu. Ils en avaient déjà bu une bonne quantité et étaient tous bien éméchés lorsqu’ils décidèrent d’éventrer le tonneau pour faciliter leur tâche. Ils découvrirent alors avec horreur qu’il contenait un grand singe conservé dans l’alcool et destiné au Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle. Tous furent malades et vomirent aussitôt.

 

b. Analyse interne : ( le récit lui-même )

 

· Le paratexte :

Eléments linguistiques : Ouvrent ou ferment un texte narratif ( ex : " A propos, je connais une histoire… " / " Voilà. C’est fini. " )

Eléments qui apportent des contenus :

1) La source (réelle ou imaginaire) du récit : un ami , un tract , la presse écrite, ..

2) Jugement sur la crédibilité du récit. Le locuteur peut porter un jugement de valeur sur la confiance qu’il accorde à cette source : " Je le tiens d’un ami bien placé… ", " Je l’ai lu dans un journal sérieux "

3) Le narrateur précise sa proximité sociale avec le protagoniste principal, surtout s’il est anonyme. Souvent le fameux " ami d’un ami " ( en anglais FOAF ).

4) Le locuteur peut donner ses motivations et dire pourquoi, dans quel but, il raconte cette histoire.

Les axiomes : Les rumeurs et les légendes illustrent des axiomes ( Les enfants sont moins timides qu’autrefois / Les nouvelles technologies sont dangereuses / Les étrangers sont agressifs )

 

· L’interprétation :

Exemple : Un jeune homme a reçu sa convocation pour le conseil de révision, les " trois jours ". Désireux d’échapper au service militaire, il donne pendant l’examen médical un flacon d’urine de sa petite amie, qui est diabétique. Quelques temps après, il reçoit la notification de décision du conseil de révision, qui relève non seulement le diabète mais encore une grossesse. Il est convoqué par les autorités militaires et jugé parfaitement apte au service.

Les légendes urbaines cumulent trois niveaux de significations :

· Le niveau manifeste : message explicite de la rumeur ou de la légende.

® les ruses pour échapper au service militaire ne sont pas toujours efficaces.

· Le niveau profond sociologique : critique sociale et morale que véhicule le texte / axiomes

® motif de l’arroseur arrosé : " tel est pris qui croyait prendre "

Il faut faire son service militaire / il ne faut pas tricher / on ne joue pas avec la maladie

· Le niveau profond anthropologique : résurgence de motifs folkloriques ou mythiques.

® rites de passage qui transforment l’adolescent en homme et l ‘adolescente en femme.

 

3 ) Thématique des légendes urbaines :

Þ Les nouvelles technologies :

· Légendes noires :

Chaque invention nouvelle suscite des légendes noires : les " tesson peurs "

Elles se déclinent sur trois registres :

® Récits relatant un mauvais usage d’un appareil qui fonctionne bien

( Une femme de Los Angeles possède un petit caniche auquel elle accorde grand soin, autant qu’à elle-même. Un jour qu’elle doit sortir et qu’elle vient de donner un bain parfumé à son caniche, elle a l’idée, pour gagner du temps, de faire sécher l’animal dans le four à micro-ondes. Quand elle rouvre la porte du four, cinq minutes après, le caniche n’est pas seulement séché, il est cuit à point ! )

® Récits qui font état d’un mauvais fonctionnement d’un appareil

( par exemple le four à micro-ondes défectueux qui a des fuites d’ondes et rend stérile le cuisinier ou provoque des fausses couches )

®Récits qui dénoncent les effets pervers d’appareils qui fonctionnent bien

( le four à micro-ondes a été accusé de modifier la structure chimique des aliments et de les transformer en poisons )

· Légendes roses :

A l’opposé des légendes noires, il existe quelques rares légendes roses évoquant des inventions miraculeuses :

Un vieil homme qui avait acheté vers 1920 une ampoule électrique dans un petit magasin en ville, se décide soixante ans après à écrire aux fabricants pour leur signaler un phénomène remarquable : l’ampoule électrique, placée au fond de sa cuisine, n’a jamais eu besoin d’être remplacée ! Par retour du courrier, la firme propose de racheter l’ampoule 1000 £. Intrigué par une offre aussi importante, le vieil homme mène une enquête. Il découvre alors que, dans les années 20, la firme avait acheté un brevet d’invention pour une ampoule inusable. Ayant fabriqué et testé avec succès quelques prototypes, la firme décida d’enfermer le brevet dans un coffre-fort et de détruire ces ampoules car une telle invention aurait bientôt privé de travail leurs usines. Mais une de ces ampoules miracles avait accidentellement été mélangée à un lot d’ampoules ordinaires destinées à la vente.

Þ Les étrangers :

Les étrangers font souvent l’objet de rumeur ou de légendes qui se moquent de leurs habitudes alimentaires ou de leur soi-disant stupidité. Certaines évoquent la consommation de chiens, de chats, de rats, voire de chair humaine par des populations étrangères. Ces récits sont des accusations racistes et xénophobes qui reposent sur la peur de la différence.

Chaque population adapte la légende à la catégorie d’étrangers qu’elle veut stigmatiser.

Þ La Nature sauvage :

Le thème de la peur de la nature sauvage revient très couramment dans les légendes urbaines. L’invasion animale, le retour d’espèces dangereuses, le motif de l’animal dans le corps ou de l’animal dans la nourriture sont les quatre grandes peurs issues de la Nature sauvage.

®campagnes confrontées au retour d’espèces dangereuses / apparition de bêtes sauvages dans les villes ® souris dans le soda / rats dans les plats d’un restaurant / vers dans les hamburgers

® furoncle sur la joue qui se révèle être un nid d’araignée / têtard avalé qui se transforme en grenouille dans le ventre.

Þ La violence urbaine :

Le thème de l’insécurité dans le monde moderne domine la quasi-totalité des légendes urbaines. Les nouvelles technologies, les étrangers et les animaux constituaient déjà des sources d’agression. Ici, ce sont des citoyens apparemment comme les autres qui suscitent la peur et l’angoisse, précisément parce qu’ils ressemblent à tout le monde.

® Les voleurs : héros ambigus de légendes qui racontent leurs ruses : ( ex : l’histoire du couple qui, après un léger accrochage en voiture, se voit offrir deux billets de théâtre par l’automobiliste maladroit mais fort aimable ; plus tard, de retour de leur sortie très agréable, ils découvrent que leur appartement a été entièrement cambriolé. )

® Les maniaques urbains ( ex : obsédé qui balafre à coup de rasoirs les mollets des femmes / maniaque qui envoie du gaz anesthésiant dans les maisons. )

® La drogue : légendes qui dénoncent les ravages de la drogue ( ex : la baby-sitter hallucinée qui sert aux parents pour dîner leur bébé rôti. )

Þ L’évolution des mœurs :

Les légendes urbaines témoignent des mœurs de notre temps. Elles décrivent des situations de la vie quotidienne portées à leur comble, ce qui les rend tout à la fois insolites mais significatives de nos comportements et des valeurs qui les inspirent.

® la prétention sociale ( ex : anecdote de l’homme dont le téléphone portable n’est qu’un jouet )

® rapport à la mort ( ex : récits de cendres funéraires mangées par méprise - tandis que des épices sont pieusement dispersées ! - traduisent les résistances psychologiques envers la nouvelle pratique de la crémation )

® situations embarrassantes ( ex : le conférencier allant aux toilettes avec un micro-cravate sans fil qui retransmet les bruits dans la salle. )

® mœurs amoureuses et sexuelles : de nombreux récits condamnent la libéralisation des mœurs ( ex : anecdote de la jeune fille qui entre tout habillée dans un bain pour faire rétrécir ses jeans et meurt par constriction )

Þ Le surnaturel :

® motif de l’objet maudit : (ex : les voitures maudites, liées à un drame célèbre et dont les propriétaires successifs ont connu des malheurs / la voiture dans laquelle a été assassiné l’archiduc François Ferdinand à Sarajevo en 1914 )

® légendes de revenants : ( ex : camion diesel fantôme, qui hante nuit après nuit les longues routes américaines / légendes d’auto-stoppeurs fantômes : Dame Blanche )

® rumeurs et légendes d’apparitions diaboliques ou divines : ( ex : le diable sévit dans les discothèques / le visage du Christ apparaît miraculeusement sur une carrosserie de voiture )

 

4 ) Exemples de légendes urbaines :

Le commerce de chair humaine : En 1946, dans Berlin en ruine, une jeune femme rencontre un aveugle errant et tâtonnant qui lui demande de bien vouloir porter une lettre à une adresse. Charitablement, elle accepte et prend le chemin de l'adresse indiquée; mais en se retournant, elle aperçoit l'aveugle qui s'enfuit en courant, sans aucune hésitation, et qui disparaît au coin de la rue. Trouvant ce comportement suspect, la jeune femme va raconter son histoire à la police.

Peu après, les policier découvrent à l'adresse indiquée deux hommes et une femme ainsi qu'une grande quantité de viande, ce qui valait de l'or à cette époque. Avec horreur les policiers s'aperçurent qu'il s'agissait de chair humaine. Et le texte de la lettre que la jeune femme devait remettre était le suivant :" Ceci est la dernière livraison pour aujourd'hui."

Le bébé congelé : C'était en été 1971 une adolescente venais d'avoir 18 ans et avais eu un bébé, cependant après l'accouchement elle se dit qu'elle est trop jeune pour avoir un enfant. Elle mets alors le bébé dans le congélateur pour pouvoir le récupérer dans quelques années. Plusieurs année plus tard elle décide quelle est assez âgé pour avoir un enfant alors elle le met dans le four à micro-ondes pour le décongeler mais quand elle ouvre la porte pour reprendre son bébé...horreur il avait éclater!!!!

Histoire d’examen : L'histoire se passe au cégep. C'est l'examen de fin de session. Dans la grande salle, une surveillante est chargée de voir à ce que tout se passe selon le règlement. Elle explique que l'examen durera deux heures, pas une seconde de plus et elle ajoute: " Au bout de deux heures, quand je donnerai le signal, chacun devra aussitôt déposer son crayon. Ceux qui n'obéiront pas aurons zéro." L'examen se déroule et le moment fatidique arrive: la surveillante donne le signal de la fin. Tout les étudiants arrêtent d'écrire sur-le-champ... Tous sauf un qui termine sa réponse avant de déposer son crayon. La surveillante le voit. Bien sûr, elle ordonne de conserver sa copie et de ne pas quitter la salle. Une fois les autres sortis, elle lui dit:" Tu aura zéro puisque tu n'as pas respecté le règlement." L'étudiant lui demande: "Savez-vous qui je suis? Non? Parfait!" Il mets sa copie au milieu de la pile et sort de la classe triomphant.

Le plâtre : Une jeune fille qui a la jambe dans le plâtre se rend à la plage avec ses parents. Les jours suivant elle se plaint que ça pique sous son plâtre. Ses parents vont voir avec elle son médecin qui lui dit que c'est normal que ça démange et lui conseil de patienter encore quelques jours puisque la date ou l'on doit lui enlever son plâtre approche. Quelques jours plus tard lorsqu'il enlève son plâtre elle a la jambe toute dévoré par des fourmis qui s'étaient fait un nid dans celle-ci.

Les questions d'examens de philosophie : Il existe plusieurs rumeurs sur des examens de philosophie qui posaient des question "existentielle" et auxquels des étudiants auraient eu de très bonnes notes en ne répondant qu'une phrase ou quelques mots.

1er cas :

Lors d'un examen, la question sujet de l'examen est "Pourquoi?". Un étudiant aurait répondu simplement: "Pourquoi pas? ".

2ème cas :

Lors d'un examen, la question est " Qu'est-ce que le courage ? " Un étudiant qui en aurait justement, aurait écrit: C'est ça le courage! et il aurait remis sa feuille avec cette seule phrase.

3ème cas :

Lors d'un examen, le prof prend une chaise, la place sur le bureau devant la classe et demande à la classe: Prouvez-moi l'existence de cette chaise. Un étudiant aurait répondu: Quelle chaise?

4ème cas :

Un jour, un professeur de philosophie a donné comme sujet de dissertation : " qu’est-ce que le culot ? ". Un élève a rendu une copie sur laquelle il avait écrit un seul mot : " Ça ".

 

 

B) Légendes célèbres :

1) Le monstre du Loch Ness :

 

 

 

 

Le lac du Loch Ness se trouve à 150 km au nord de Glasgow et dans la région des Highlands en Ecosse. Avec 40 km de long, 2 km de large et 230 m de profondeur, le Loch Ness est le plus vaste plan d'eau douce de Grande-Bretagne. Loch, en écossais, signifie " lac ".

Au XIXème siècle, les aristocrates qui viennent chasser dans les Highlands entendent parler des fabuleuses créatures des lochs. Certains en aperçoivent même, au lever du jour, et leur trouvent une " tête de cheval ". En 1933, une route touristique est construite sur la rive nord du lac. Aussitôt, les touristes se mettent à affluer dans la région et le nombre de ceux qui ont " vu " le monstre grimpe en flèche. Le premier grand article sur le sujet paraît le 14 avril 1933, dans l' "Inverness Courrier". Rapidement, la " bête du Loch Ness " devient un sujet de curiosité journalistique, qui fait les bonheurs de la presse à sensation du monde entier. A l'époque, le sonar et le scaphandre autonome n'existent pas encore. Les biologistes se contentent d'études sur les petits animaux et les algues microscopiques du lac. Mais, déjà, on cherche par tous les moyens à s'assurer de l'existence, ou de l'absence d'animal fabuleux dans ces eaux tourbeuses. On filme, on photographie... Les archives se remplissent de témoignages plus ou moins intéressants, tandis qu'une foule de curieux guette avec avidité la moindre manifestation inhabituelle à la surface du Loch Ness.

Au Loch Ness Investigation Bureau, des milliers de témoignages oculaires troublants ont été enregistrés. Beaucoup sont extraordinairement détaillés : la créature aperçue aurait un long cou, parfois dressé, des bosses sur le dos, et elle se déplacerait assez rapidement.

De nombreuses photos sont prisent du monstre, mais elles sont le plus souvent démontées comme étant fausse. Les films sont beaucoup plus difficiles à truquer et sont davantage pris en compte. Deux d’entre eux sortent vraiment de l’ordinaire :
- Le premier a été tourné par Tim Dindsdale, le 23 avril l960, à l'embouchure de la rivière Foyers. On y voit une bosse se mouvoir lentement au loin, puis traverser le champ de la caméra avant de plonger.
- Le second film a été tourné par Richard Raynor, le 13 juin 1967, à l'extrémité nord du lac. Il montre un sillage, à la tête duquel on aperçoit parfois un objet solide, déclaré lui aussi animé.

En 1964 et en 1968, deux équipes de chercheurs ont employé le sonar pour essayer de détecter le monstre dans les eaux du Loch Ness. Ils auront de nombreux " contacts ", mais ne parviendront pas à identifier la source de leur écho. La seule conclusion tirée des explorations au sonar tient en une phrase : il y a, dans le lac, une ou plusieurs créatures vivantes, plus grandes que des saumons, dont les mouvements sont différents de ceux des poissons, surtout en plongée.

En 1968, l'américain Dan Taylor, envoie un petit sous-marin dans le lac. Dans les eaux tourbeuses du lac, le petit engin ne sera pas d'une très grande utilité.

Une équipe tentera prochainement d'étudier les restes organiques qui reposent sur le fond du Loch Ness. Des essais de dragage ont déjà commencé. Si le Loch Ness abrite des " monstres " depuis plusieurs milliers d'années, on devrait finir par trouver leur carcasse au fond !
Ce qui aiderait à résoudre l'énigme essentielle de ce sombre lac écossais : quelle est la créature qui s'y cache ? La réponse (s'il y en a une) ne pourra être donnée qu'au terme d'une enquête rigoureuse, ayant fait appel à la zoologie, à la paléontologie, à la biologie et à cette pointe de bon sens et d'intuition qui fait avancer la science.

Personne n'a pu démontrer ou apporter de preuves irréfutables de l'existence d'un tel animal (monstre) dans les profondeurs du lac du Loch Ness. Il nous reste encore bien des années pour aller rêver sur les rives du Loch Ness en guettant (au cas où.) une mystérieuse créature dont les contes parlent depuis des millénaires.

Il faut savoir qu’aujourd’hui il y a une caméra qui filme la surface des eaux du Loch Ness 24h /24 et qui diffuse les images en direct sur Internet à l’adresse suivante : http://www.lochness.scotland.net

 

 

2) Le triangle des Bermudes :

 

Le triangle des Bermudes, zone géographique également surnommé "Triangle du diable", s'étend sur 3,9 millions de km² entre les Bermudes, Puerto Rico et la Floride. Il est située entre 30° et 40° Nord de longitude. Il est connu pour les nombreuses disparitions inexpliquées de bateaux et d'avions dont il a été le théâtre. Le triangle des Bermudes contient 150 petites îles situées à l'Est de la côte américaine dans l'océan Atlantique.

En 1918, le Cyclop, un charbonnier de la marine américaine à bord duquel se trouvent 308 hommes d'équipage, disparaît mystérieusement. 30 ans plus tard, c'est un avion de transport DC 3 qui disparaît aussi, il se trouvait pourtant a seulement 90 km de Miami. Fait étonnant, le commandant informe que tout va bien et qu'il attend les consignes pour atterrir, lors de son dernier message pour la tour de contrôle.

1945, le vol 19 : Le vol 19, constitué de 5 avions torpilleurs Avenger, quittent la base aéronavale de Fort Lauderdale, en Floride, pour une mission de routine le 5 décembre 1945. Au bout d'une heure, le lieutenant Charles Taylor averti la tour de contrôle qu'ils sont perdus. La tour demande au vol de prendre la direction de l'Ouest, mais l'officier lui répond : " Nous ne savons pas où est l'ouest. Tout est faux, étrange. Nous ne sommes sûr d'aucune direction. Même l'océan ne semble pas comme d'habitude ". Le contact radio est alors rompu, et un hydravion bimoteur part a son tour pour leur porter secours, il ne reviendra pas. La commission d'enquête de la Marine et personne d'autre ne peuvent donner d'explication sur la disparition des six avions et vingt-sept hommes.
Le vol 19 reste le cas le plus célèbre de disparition inexpliquée du triangles des Bermudes.

De 1945 à nos jours : Entre 1945 et 1975, 37 avions, plus d'une cinquantaine de bateaux et même un sous-marin atomique, disparaissent tout aussi mystérieusement et sans qu'aucun débris ni corps aient été retrouvés.
En 1966, le remorqueur de sauvetage Good News fait route de Porto Rico à Fort Lauderdale, lorsqu'il est entouré par un brouillard très épais et secoué par des eaux houleuses. Le compas et les instruments électriques commencent aussitôt à se détraquer. Pourtant, dès que le navire sort de cette brume énigmatique, le temps est clair, la mer est redevenue calme et les instruments fonctionnent à nouveau normalement.
Enfin, en 1975, la vedette côtière Diligence se porte au secours d'un cargo en flammes lorsque sa radio s'éteint brutalement sans raison. L'équipage voit de mystérieuses lumières vertes tomber du ciel. L'enquête ultérieure ne peut, là non plus, donner aucune explication rationnelle à cette panne et à ces phénomènes étranges.

A l'exception du vol 19, les victimes n'envoient jamais le moindre S.O.S. mais, bien au contraire, affirment souvent peu avant le drame que leur traversée se déroule tout à fait normalement.

Hypothèses : Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer l'extraordinaire mystère des navires et avions disparus. Les étranges et les sceptiques : Les extraterrestres, des cristaux venus de l'Atlantide, des appareils anti-gravité, et des tourbillons issus de la quatrième dimension sont parmi les explications favorites fournies par les auteurs fantastiques.
Ce lieu pourrait être également le centre d'une distorsion spatio-temporelle entraînant navires et avions dans des époques différentes de la nôtre ou dans d'autres dimensions.
Les enquêteurs plus sceptiques avancent comme explications la météo (tempêtes, ouragans, tsunamis, courants, ...), la malchance, les pirates, les cargaisons explosives, les navigateurs incompétents et d'autres causes naturelles ou humaines... Certains sceptiques soutiennent que les faits sont insuffisants pour appuyer la légende et qu'il n'y a aucun mystère à résoudre, ni rien à expliquer.

Les autres : On parle d’anomalies magnétiques qui affolent les boussoles, arrêtent les horloges et font disparaître des objets mais aussi de flatulences océaniques (du méthane venu des fonds marins). En ces endroits, se trouve un orifice de sortie d’un sous-produit de la compression terrestre, c’est à dire un sous-produit de la gravité, en provenance du centre de la Terre. C’est un évent, duquel par périodes il s’échappe à flot des particules subatomiques inconnues de l’homme, et malheur à l’être humain ou au poisson qui se trouve sur leur passage.

Conclusion :

Jusqu'à maintenant, les enquêtes n'ont produit aucune évidence scientifique de l'implication de phénomènes inhabituels dans les disparitions. Donc rien n'a pu être démontré ou prouvé. Le mystère du triangle des Bermudes reste pour l'instant inexpliqué.

 

 

3) Roswell :

Toute l’histoire a commencé le 1er juillet 1947, lorsqu’un écho non identifié apparu sur les radars de poursuite de Alamagordo, White Sands&Roswell RAAF. Dans la nuit du 2 au 3 juillet pendant un très violent orage, un objet brillant est observé au-dessus de la ville de Corona, près de la base de Roswell (Cette base abrite l’unique escadrille de bombardiers atomique du pays). L’objet, toujours traqué par les radars, disparaît soudainement des écrans. Un éclair plus fort que les autres vient de frapper...

Un propriétaire de ranch au Nouveau Mexique, William Mac Brazel, va prendre soins de ses chèvres au lendemain d’une nuit orageuses, dans la nuit il avait été alerté par une explosion bruyante toute proche. Pendant sa promenade, il découvre un tas de débris étrange et mystérieux sur ses terres (environ 1km de long sur plusieurs centaines de mètres de large). Après avoir prit quelques morceaux, et les avoir montré à sa famille, il alla avertir le shérif (Georges Wilcox) du comté de Chaves le 7 juillet. Ce dernier alerta aussitôt les autorités militaires du " Roswell Army Air Field ".

Les militaires arrivèrent peu de temps après. L’armée établit un cordon de sécurité autour du périmètre de l’impact. Deux officiers des renseignements se rendirent sur les lieux du crash pour inspecter les débris. Ces derniers sont chargés dans trois camions pour êtres ramenés à la base aérienne de Roswell.

Le même jour, un second site de crash est découvert à environ 4 Km au sud-est du premier. Un petit groupe d’archéologues ont trouvés le site quelques minutes avant les militaires. Sur ce site, ils y trouvèrent la partie principale du vaisseau spatial écrasée ainsi que quatre petits corps humanoïdes…Le site fut rapidement protégé de toute intrusion de civil : mais les archéologues, les services de police et les pompiers avaient vu ce qu’il y avait. Trois corps d'aliens furent placés dans des sacs hermétiques et transportés à l'hôpital de la base de Roswell par ambulance pour une autopsie préliminaire. Le survivant du crash fut, lui aussi, conduit à la base.

La découverte de débris d’origine extraterrestre provenant d’un crash d’Ovni fut annoncée, par l’Army Air Force, par le porte parole de la base, le lieutenant Walter Haut. Aussitôt, les agences de presses et les plus grands journaux submergent de coup de fil les standards de la ville de Roswell.

Le général brigadier Roger Ramey prend toute l’affaire en main. La mission est alors frappée du sceau du secret. A peine trois heures après le communiqué de presse de la base de Roswell, celle de Fort Worth en diffuse rapidement un second pour dénier le premier. Le général Ramey qui commande la 8e Air Force annonce, en personne, que les débris sont après analyse, ceux d’un ballon cible radar. On autorise les journalistes à photographier les débris mais, comme le souligne Ramey : ce ne sont que les lambeaux d’un ballon météorologique couplé à un réflecteur radar et non une soucoupe volante… Satisfaits par les explications, les journaux bouclent leurs articles et l’accident de Roswell tomba dans l’oubli…

Trente ans plus tard, le physicien nucléaire Stanton T.Friedman et l'ufologue William L.Moore vont faire repartir l'histoire de Roswell. En 1980, sur la base de leurs enquêtes, L.Moore publie un livre, The Roswell Incident, consigné par Charles Berlitz. Le livre remporte un énorme succès commercial. La rumeur, selon laquelle l'armée américaine cache un secret, commence à grossir et devient la preuve populaire d'un complot gouvernemental. A tel point qu'en 1994, le congrès américain, part le biais de Steven Schiff (sénateur du Nouveau-Mexique) demande à l'armée une enquête officielle sur les événements de 1947. Le colonel Ricard Weaver remit un rapport de 23 pages ( avec les annexes, il atteint 800 pages ), disant que la source des débris provenait d'un ballon météorologique du projet classé top secret " MOGUL". Ce projet, développé en pleine guerre froide, avait pour objectif de déterminer l'état des recherches sur des armes nucléaires soviétiques en utilisant des ballons porteurs de réflecteurs radars et acoustiques emportés à très haute altitude dans la stratosphère.

L'engouement, pour l'affaire Roswell, repart de plus belle : le 5 mai 1995. Une preuve visuelle existe… Le producteur Ray Santilli affirme détenir un film sur l'autopsie de l'un des corps récupérés à Roswell.

Ce film aurait été acheté à un ancien cameraman de l'Air Force, Jack Barnett. Les copies vidéos seront vendues à plus de vingt pays dans le monde. En Angleterre, le réseau de la BBC paye très cher pour la montrer en premier. Bilan: le film serait un faux…

 

 

4) Autres :

L’Atlantide :

Qu'une civilisation grandiose ait pu exister et disparaître subitement, voilà qui a de quoi fasciner. Un nom, l'Atlantide, résume cette histoire ou ce rêve. Le mot évoque une île mystérieuse, baignée par les rayons d'un chaud soleil, et un peuple, fondateur d'une culture brillante et éphémère.

Au IVe siècle avant notre ère, le philosophe grec Platon est le premier à mentionner l'existence de l'Atlantide. Par la suite, la cité fabuleuse inspire divagations et utopies.

La bête du Gévaudan :

Durant près de 3 ans, du 30 Juin 1764 au 19 Juin 1767, une centaine de meurtres ensanglantèrent le GEVAUDAN ( un ancien comté correspondant aujourd'hui à la Lozère), l'Auvergne, le Rouergue et le Vivarais.

Chaque mois le nombre de victimes augmentait, il s'agissait principalement de femmes, de jeunes filles et d'enfants des deux sexes.
Tous les récits de survivants ou des témoins de ces drames désignaient un animal. Mais les blessures, jugées inhabituelles, suggéraient plutôt une "bête" hors du commun.

Les tracés de Nazca :

Le plateau désert de Nazca se trouve au sud du Pérou, à 400 km de Lima et 50 km de la côte du Pacifique. Le site est couvert d'un très grand nombre de dessins et de figures géométriques qu'on ne peut découvrir que par la voie des airs. Comment les Nazcas ont-ils fait pour tracer des dessins si parfaits sans les voir ? Quelle est la signification de ces dessins ?

La preuve a été faite que les Nazcas savaient volés grâce à des ballons à air chaud. Quant à la signification de ces dessins :Aéroport pour extraterrestres ? Hommages aux dieux du ciel ? Calendrier météorologique ? Calendrier astronomique permettant de calculer les dates et les saisons ?

 

C) Autres phénomènes voisins :

Ragots, potins, commérages, légendes, bruits, faits divers, anecdotes …

Tous ces phénomènes voisins de la rumeur ont au moins une caractéristique en commun avec celle-ci. Mais ce ne sont pas des formes de rumeur comme l’est la légende urbaine, le hoax, ..

Bruits :

Rumeur et bruit se distinguent , non par leur source mais par l’amplitude du processus : rumeur et bruits émanent de sources non officielles. La première renvoie à un processus de diffusion en chaîne, à une force de propagation, à une amplitude dont le résultat est le son audible qui s’élève de toutes ces voix, et que l’on peut suivre à la trace : il court. Le bruit renvoie à un processus décousu, rampant, hésitant, très limité localement : il est normal que l’on n’entende rien si ce n’est un vague bruit. " Ce n’est qu’un bruit " signifie que le son est à peine audible, donc que le message n’a pas vraiment d’existence réelle, ferme : on ne l’entend même pas. Le bruit est insignifiant.

Ragots :

Le mot ragot correspond au contenu et à l’objet de la communication : ce sont des histoires de bas étage, à la limite de la calomnie, racontées à l’égard d’une personne. Ces histoires ne font pas honneur à celui qui les colporte, elles le ravalent au rang de bête. Le ragot est donc aujourd’hui un jugement subjectif porté sur le contenu de la rumeur ou du bruit. C’est un type de message.

Potins :

Le potin renvoie à l’objet de la rumeur ou du bruit. Il porte sur des personnes : il raconte les heurs et malheurs des petits et grands qui nous entourent. En général, le potin n’est pas méchant et se consomme essentiellement pour le plaisir de le mâcher : il est très fugace et doit alors être remplacé par un nouveau potin encore tout savoureux. Lorsqu’il porte sur la dernière dispute entre Ronald Reagan et sa femme, c’est un " macro potin " ; s’il s’agit des ébats diurnes et nocturnes du proviseur du lycée, c’est un " micro potin ".

Commérages :

Le commérage est une définition par la source : qui parle ? Comme le ragot, c’est un jugement de valeur, une façon de discréditer la rumeur ou le bruit, en lui imputant une source manquant totalement de crédibilité : les commères.

Fait divers :

Le fait divers prend sa source dans des événements réels, mais il fait l’objet d’un traitement journalistique. Fait divers et légende urbaine convergent l’un vers l’autre en partant de points opposés : le fait divers est une " légendarisation " du réel et la légende est un fait divers imaginaire. La ressemblance entre une légende urbaine et un fait divers, ou entre une rumeur et une information journalistique, est telle qu’il n’est pas rare que la presse présente comme authentique ce qui n’est qu’un faux.

Anecdotes :

L’anecdote partage avec la légende urbaine plusieurs caractéristiques : c’est un récit, de forme brève, qui présente une chute surprenante et est raconté comme vrai. A l’instar de la rumeur, une anecdote peut être historiquement vraie ou fausse.

Mythes :

Le mythe fait partie intégrante d’un système idéologique et s’accompagne fréquemment de rites. Il est objet de croyance parce qu’il fonde une conception de l’univers, de l’homme et de la société. Personnages, lieu et temps de l’action se tiennent tous à distance du monde des hommes. Les personnages sont des divinités ou des archétypes ( ancêtres mythiques ). Le lieu de l’action est hors de l’atteinte humaine ( Paradis terrestre, Olympe, etc. ) De même, le temps de l’action est situé avant l’histoire humaine.

Contes :

Le conte a pour visée essentielle le divertissement, d’où la variété des contes : contes merveilleux ( contes de fées ), contes d’aventures réalistes, contes d’épouvante, contes facétieux, contes de mensonge, contes licencieux, etc. Le conte n’est pas objet de croyance : il est perçu comme une fiction, même si le conteur affirme, par jeu, principalement dans les récits de mensonge, l’authenticité de l’histoire. Les personnages de contes ne sont pas individualisés, ils représentent des types ( le roi, la sorcière, le prince charmant, la bonne fée, l’ogre, etc.) et même les noms propres relèvent de caractéristiques physiques ( Barbe Bleue, le Petit Poucet, le Chaperon Rouge, etc. ). L’action n’est ni localisée ni temporalisée, c’est le fameux " Il était une fois, dans un pays lointain… ".

Fables :

La fable est un conte bref, dans lequel les personnages sont le plus souvent des animaux ou des objets anthropomorphisés. L’histoire possède un message plus ou moins caché : la " morale " de la fable.

Légende traditionnelle :

La légende met en scène des saints ou des héros. Elle renvoie explicitement par un renvoi à un passé mythique (" Il était une fois… "). Elle implique souvent une dimension miraculeuse ou sacrée. Elle assume son irréalisme, son caractère fabuleux à l’inverse de la légende urbaine et de la rumeur. Elle se présente comme venue de la nuit des temps, fable anonyme.

 

 

 

CONCLUSION:

Remontant aux origines de l’humanité, les rumeurs vivent un âge d’or depuis l’avènement de l’Internet dans le monde dévelopé. Elles se répandent plus vite et ne sont pas altérés lors de la transmission, comme c’est le cas lors du bouche à oreille. La rumeur est un mélange entre le contenu et le contexte. Il faut que le contenu intéresse le cercle d'individu dans lequel la rumeur va essayer de fonctionner. Il y a donc une appropriation entre le contenu et le public. S'il n'y a pas cette consistance, il n'y a pas de rumeur. Toute rumeur qui est médiatisée est dépendante du contexte historique et sociopolitique sachant que les journalistes fonctionnent à la notion de scoop et que celui-ci entraîne la rumeur. Les informations subissent des pressions, des manipulations avec des techniques de fermentation de la rumeur dans les groupes de presse. Il y a en effet beaucoup de rumeurs qui circulent en dehors des médias volontairement ou pas, qui sont parfois dans l'actualité ou hors du contexte de l'actualité comme par exemple Mitterand et son fameux cancer.
Une rumeur disait qu'il y avait à Orléans une traite des blanches par des commerçants juifs spécialisés dans l'habillement. Les gens avaient peur d'aller dans les salons d'essayage car ils pensaient qu'on les endormaient et les faisaient disparaître par des trappes et qu'on mettaient les filles sur des bateaux en direction de l'Afrique pour se prostituer.
Les rumeurs se propagent dans de nombreux domaines telles que la finance, le monde du show biz ou encore dans le monde du travail. Elle nous entourent et font partie de notre quotidien. La rumeur a de nombreux phénomènes voisins. Les légendes et les légendes urbaines sont les principaux mais ne sont pas les seuls. Il y a aussi le potin, la fable, le mythe et encore pleins d’autres.
Les rumeurs et les légendes urbaines font appel aux peurs et aux fantasmes de chacun. Il y a par exemple la rumeur des restaurants chinois qui dit qu'on y mange du rat ou du chien. Les rumeurs sont liés à des archétypes. Les thèmes essentiels, les archétypes essentiels sont tout ce qui concerne les animaux vénéneux ( araignée, serpent, monstre…) ainsi que tout ce qui est lié au désordre climatique. Ensuite, il y a ce qui est lié à l'inconscient, aux grandes angoisses des individus, qui sont par exemple pour les filles le viol.
La rumeur peut être neutre comme c’est la plupart du temps, elle peut aussi faire du mal à des personnes ou à des entreprises mais peut également avantager un tas de gens. Est-il besoin de rappeler que la loi de 1881 sur la presse punit, sévèrement, la diffusion de fausses nouvelles (3 ans d'emprisonnement et 300 000 F d'amendes) ?